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السبت، 27 سبتمبر 2008

De retour






Le blanc de 5 jours sur ce blog n'est pas un vide, c'est un moment de voyage vers le sud.
Me voici de retour. Pendant ce séjour j'ai pu enfin découvrir la Grande Motte de Monsieur Balladur. Je rêvais sur des cartes postales de cette ville idéale et la réalité ne m'a pas trop déçu. Les bâtiments sont en place, un peu cachés par une végétation qui a bien poussé sous ce climat et qui cache parfois les points de vue de mes cartes postales. Il est parfois impossible de voir la construction, comme pour l'église par exemple. Mais il y a aussi des lieux abandonnés comme le point zéro qui pourtant ne le méritent pas car ils furent très dessinés, pensés et représentatifs de la ville. Ce n'est pas trop tard pour remettre de l'ordre encore faudrait-il trouver une volonté municipale qui au lieu d'inventer des places au Design douteux ferait mieux d'entretenir ce qui est exceptionnel et préserver les espaces publics de cette profusion inepte de marchands de frites et de saucisses. Je vais finir par nommer ce syndrome du nom d'une autre ville ainsi défigurée : Royan.
Comme toujours on attendra qu'il soit trop tard pour avoir la joie du regret, c'est si français comme attitude.
Mais c'est encore beau.
Je vous montre quelques images à la manière de Julien Donada mais bien moins réussies que lui.

الأحد، 21 سبتمبر 2008

mer et montagne


Je vous montre rarement des cartes postales de bâtiments si anciens. Mais Mallet-Stevens mérite bien de figurer dans ce blog pas trop loin de Dudok. Regardez ce beau bâtiment qui joue des décrochements art déco, regardez comme ce genre a perduré longtemps. Aujourd'hui la Pergola de Saint-Jean-de-Luz est défigurée par l'ajout de deux niveaux supplémentaires que l'on doit aux promoteurs canailles. Je ne sais pas exactement quand cette transformation a eu lieu mais la carte fut envoyée en 1950. Il est aussi possible que la carte soit plus ancienne que son envoi le laisse croire. Alors une fois de plus la carte postale me permet de découvrir et en même temps de regretter. La carte postale est une édition Cap titrée " La Pergola et l'Hôtel Atlantic vus de la plage". C'est une Real-Photo qui fut détachée d'un carnet.

faire le plein par le trou




Du Forum des Halles de Vasconi et Pencreac'h que j'aime, j'aime surtout le trou. Et encore plus le trou béant dans Paris avant la fin des travaux, le trou du Western incroyable de Marco Ferreri "Touche pas à la femme blanche". Ce film est inconcevable. Il vous faudra le voir si cela n'est encore fait. On peut y voir des scènes de western donc dans le Paris en travaux. C'est inouï. Joachim saura mieux que moi vous en donner un commentaire circonstancié et une critique avisée.
Pour ce qui est de la carte postale, je ne pense pas qu'il existe d'édition du trou lui-même mais il existe de nombreuses vues du Forum et c'est heureux car il sera donc détruit un jour prochain. Soyons patient, c'est l'Arlésienne architecturale. Et ne soyons pas trop pressé car ce qui nous attend n'a pas l'air bien fameux. Une canopé nous dit-on. Les mots... tout de même c'est fort...
Voici trois cartes achetées ce week-end. Trois cartes qui nous offrent un regard vers le trou et les arcades commerciales qui le constituent comme une architecture. Les photographes des éditions Chantal se sont concentrés sur les boudins de verrières aux arcades laquées de blanc et sur le petit promontoire balcon en béton offrant une vue sur... le trou. A peine voit-on le magnifique escalier de marbre blanc qui permet de descendre et de remonter (si,si) dans ce... trou. Les deux cartes donnent bien le nom des architectes, l'une fut expédiée en 1986 l'autre en 2003.
La carte postale éditée par Yvon est bien plus rare et nous propose le point de vue depuis la galerie vitrée. On est au second niveau, le trou est en bas. On admirera le choix judicieux des appliques boules parfaitement laides. Tout cela tient de la véranda, de la jardinerie de supermarché, d'un Beaubourg raté mais en même temps c'est bourré de bonnes intentions dont l'enfer est pavé... Lumières, transparence, espace et chic pompidolien. Cela devait être l'un des lieux les plus chics de Paris, c'est devenu l'un des plus populaires. Et alors n'est-ce pas là un signe d'une certaine réussite ?
En attendant l'avenir de cet endroit pour lequel j'ai réalisé une campagne stéréoscopique, L'album "Encore" de Klaus Nomi tourne sur ma platine Saba. Une époque.

السبت، 20 سبتمبر 2008

faire le plein





124 cartes postales.
124 cartes postales achetées ce matin entre Elbeuf, Oissel et Pont de l'Arche. Je crois que j'ai battu un record personnel. Vous comprendrez que je ne vous livre pas tout tout de suite. Mais je vais dans un panaché de fin d'été vous montrer quelques-unes des plus marquantes, les autres pouvant être des redites légères d'images que vous connaissez.
Mais commençons par un grand bâtiment remarquable dont je vous ai pourtant déjà parlé, il s'agit du centre d'échanges gare Perrache. L'architecte Monsieur Gagès y a fait œuvre d'une modernité foudroyante, d'une analyse remarquable et a su non seulement réaliser l'ouvrage mais y inventer un type de construction. C'est un centre d'échanges qui produit un fluide étrange, la mobilité du voyageur. Ici les transports s'épousent, ici le piéton trouve un chemin de fer, un chemin de goudron à sa guise. Ici il gagne de la vitesse. C'est un nœud, c'est un lien. La carte postale est une édition Combier en cimcrome expédiée en 1986.
On poursuit avec l'Hôtel de Ville de Nanterre. On ne subit pas l'avenir on le fait est la phrase écrite au dos par le participant au jeu. Voyons ce que nous confie le guide : Une municipalité communiste construit sa mairie. Lorsque le bâtiment sera achevé, une étude comparative intéressante pourra être faite avec la mairie de Montpellier, par exemple. Ceci pour savoir quelles images respectives ces équipes politiquement opposées veulent donner d'elles-mêmes, quels rapports elles entretiennent avec leurs administrés, quelle place elles accordent à l'individu. Une étude similaire pourra être effectuée avec la préfecture voisine quant à la volonté ou l'absence de volonté de traduire architecturalement une autorité reçue.
Les architectes sont J. Darras et Y. Bedon.
Une carte multiple nous montre les Olympiades à Paris. On peut deviner au fond le magnifique bâtiment de messieurs Andrault et Parat pour la Faculté des Lettres et des Sciences. J'aime assez ce parvis aux petites boutiques étonnamment coiffées de toits en pagode. Je crois que lors de ma dernière visite de ce quartier en avril dernier des travaux étaient en cours, j'espère qu'ils n'auront pas trop dégradé le lieu. Le pied de la faculté des lettres est lui complètement abîmé et inaccessible.
Pour contraster au maximum, voici une vraie découverte, une vraie architecture, une vraie carte postale : voici la cabane de Henry David Thoreau, celle du magnifique ouvrage " Walden ou la vie dans les bois". Je ne savais pas que ce cabanon était encore debout, je ne savais pas qu'il pouvait en exister des cartes postales, je ne savais pas que j'en trouverais une un jour à Oissel !
Si vous ne connaissez pas ce livre, arrêtez tout, fermez votre ordinateur et allez chez le libraire vous le procurer. Vous le lirez et vous retrouverez aussi un peu le rêve du cabanon de le Corbusier, ce désir de nature et de liberté. Je crois que cette construction doit être le plus petit bâtiment de ma collection.
Je vous livre le texte en anglais figurant au dos de la carte Historama publiée pour le bicentenaire de la Révolution Américaine : In 1845 Henry David Thoreau (1817-1862) built a house on the shore of Walden Pond in Concord, Massachusetts, at a cost of 28,12 $. Here, for two years, he lived in the cabin he built with his own hands in his experiment to prove that man could be independent of other men. He left Walden in 1847, and sometime later the house was moved to a nearby farm and later taken to pieces. In his book "walden" Thoreau left a complete description of the house that enabled the construction of this exact replica at the Thoreau Lyceum in Concord.
Replica, replica dommage.

الأحد، 14 سبتمبر 2008

un peu vers le nord-est et franchement à l'est






Au gré des trouvailles nous cheminerons en traversant l'Europe vers le soleil levant puis nous irons d'un coup très loin vers l'est, vers l'Asie en Chine.
Commençons par une ville que je connais un peu et vous aussi fidèles lecteurs et lectrices puisque nous retournons à Düsseldorf. Mais quand c'est bon c'est bon et ce matin j'ai trouvé cette belle vue du Schauspielhaus dessiné par l'architecte Bernhard Pfau entre 1959 et 1970. La prise de vue accentue admirablement les courbes du bâtiment et dégage une percée vers l'immeuble de Messieurs Hentrich, Petschnigg and Partners. C'est très beau. Du moins l'image car n'oublions pas que ce que je vois n'a pas valeur d'y être. Comment se fait-il que je n'aie pas de souvenir de cet ensemble ? Serions-nous passés au loin lors de notre voyage ? Avons-nous trop regardé les immeubles de Gerhy et pas assez le reste de la ville ? Mais pourtant je sais que j'ai adoré Düsseldorf. Et ce genre de carte postale vous donne furieusement envie d'y retourner. Elle est éditée par Hans Georgi en Farbfoto. Aucune date. Partons maintenant vers Budapest avec encore un immeuble qui veut nous rendre l'ascension possible par un étagement en gradins. Il s'agit d'un Recreation Home KPVDSz (!) of the Trade Union. C'est assez attendu mais ne manque pas, grâce à ses décrochements d'une certaine élégance. Mais qu'est-ce donc que le KPVDSz ? K et P sont sûrement les initiales de Parti communiste non ? La carte postale nous indique le nom du photographe Monsieur Gabber Csaba, le nom de l'imprimeur Nyomda Offset, et de l'éditeur Képzomuveszeti Alap Kiadovallalata à Budapest.
Enfin nous arrivons en Chine. Je vous joins l'enveloppe d'envoi qui réjouira les amateurs de timbres ! Voyez comme la Chine édite des cartes postales de bâtiments contemporains. C'est assez étonnant. Je ne connais pas assez la question de la construction en Chine mais il semble que la modernité (de ce type) soit vécue comme quelque chose à représenter et cela même malgré sa laideur incroyable parfois. Voyez ces grands immeubles posés, identiques le long de la voie rapide. La carte nous indique seulement qu'il s'agit de The Asian Games Village. Voyez Chang ning District People's Governement Shanghaï Municipality. C'est un peu plus dessiné, stylé dirais-je avec un jeu de façade complexe et une couleur surprenante. On a même droit à la fontaine sculpture sur le parvis. On remarque les boîtes à air conditionné sur les balcons... La carte donne beaucoup d'indications dont je ne sais que faire, impossible de savoir si c'est l'éditeur, le commanditaire ou même le lieu... Une date apparaît : 1997. A noter le format allongé des cartes ce qui me posera des problèmes de classement.

الأربعاء، 10 سبتمبر 2008

débrayage





Encore une fois les patrons (mais qui sont-ils finalement) de Renault décident du licenciement de milliers d'ouvriers. Une fois de plus la grande foire mondiale de l'heure de travail la moins chère fait des victimes, une nouvelle fois les choix commerciaux stupides des dirigeants conduisent à la restructuration (quel beau mot) de l'entreprise. Il faut dire qu'il était nécessaire, par exemple, que Renault produise un 4X4... (en plus il est laid)
Chez nous on est Renault comme Marc est Citroën. C'est étrange mais c'est indéfinissable. Il y a 50 ans, chez nous on était tissage et drap d'Elbeuf. Mais Renault est venu s'installer ici à Cléon il y a tout juste 50 ans, c'est l'anniversaire cette semaine, l'heure n'est pas, vous comprendrez à la fête.
Mon grand-père quitta les usines de tissages du centre d'Elbeuf pour aller travailler chez Renault et son fils, celui qui piqua la Dauphine pour aller en Italie (vous suivez ?) alla aussi y travailler au milieu des années soixante. Nous les garçons avons réussi à y échapper grâce sûrement à la crise des années quatre-vingt. Et puis on a vu l'épuisement de notre grand-père et celui de notre père qui travaillait de nuit à la Fonderie où il contrôlait la qualité des pièces. Vapeur d'aluminium et fatigue...
Enfant, on m'emmena mes frères et moi en visite pédagogique à l'usine. Je me souviens tout particulièrement de ce moment clef de ma vie d'enfant car je compris en quelques gestes la violence du milieu ouvrier et de l'usine comme un ordre imperturbable. Alors que nous visitions les ateliers, notre groupe croisa mon père un peu au loin et j'eus alors le geste normal d'aller le voir avec la fierté immense de le rencontrer là. Mais Un geste, je ne sais plus de qui, sûrement ma mère me retint. Je le revois encore ce père inapprochable, ne pouvant lui-même prendre la décision de venir, impossible de quitter le poste, nous faire un geste de la main et un léger sourire. Il n'était donc pas libre ce père. Il n'était pas libre là.
Cette violence que je garde presque comme un trésor sera ma force pour tout faire dans ma petite vie d'enfant pour ne pas entrer dans cet univers. Alors je traîne comme beaucoup des gens de l'usine ce mélange de fierté et d'horreur. La Régie c'était notre vie. Pour moi rouler en autre chose que Renault serait une traîtrise qui d'ailleurs ferait bien rire mon père ! A la régie (contraction de Régie Nationale des Usines Renault) il y avait aussi le Comité d'établissement et sa bibliothèque et discothèque magnifiques tenues par les syndicats et la C.G.T en particulier. Nous y allions pour emprunter des livres et aussi des disques. On pouvait choisir librement. Un paradis plein de surprises, d'une richesse incroyable. j'ai appris ici aussi à aimer les livres. C'était d'une grande ouverture d'esprit et très pointu. Et j'y ai beaucoup appris. C'était toujours un plaisir d'y accompagner ce père qui là pouvait être un peu plus libre. Nous avions notre nom sur une petite fiche et parfois quand le livre sortait peu, la dame ou le monsieur responsable nous disait la phrase magique : "Est-ce que tu veux le garder ?"
Oui. J'ai aimé ce lieu.
Après ces quelques souvenirs émouvants et pour célébrer l'anniversaire des millions d'heures de travail versées par tous ces hommes et femmes depuis cinquante ans à l'usine Renault de Cléon je vous montre quelques cartes postales du site et deux photographies de mon grand-pére le jour de son départ en retraite dans son atelier. Il mourra quelques années après.
On commence avec :
Cléon les usines Renault aux éditions J. Kettler en couleurs naturelles non datée. On voit le parking immense sur lequel les ouvriers rangent leur auto. Si grand que mon père pouvait se tromper de voiture et partir avec celle d'un collègue.
St Aubin-lès-Elbeuf vue aérienne l'usine Renault carte envoyée par ma mère à la sienne le 31 août 1972. C'est une carte Combier en Cimcolor.
Cléon Régie Nationale des Usines Renault qui forme l'acronyme RNUR que tous les elbeuviens prononcent avec délectation dans un roulement de R profondément guttural... Une édition Sofer en couleurs naturelles. Pas de date. On peut voir le gardien de l'usine faire un signe au photographe.
Un peu à part car il ne s'agit pas de Cléon mais je crois de Boulogne-Billancourt une image de Stéphane Couturier que j'aime tant. L'image se nomme "Renault" 1994 127,5x101,5 cm ministère de la culture et de la communication délégation aux arts plastiques fonds national d'art contemporain édition du musée Niepce. C'est une image vide des hommes et de femmes qui dans cet amas de grilles ont laissé de leur temps.

Jean Liaudet, ouvrier chez Renault



Voici donc mon grand-père à son poste pour la dernière fois.

الثلاثاء، 9 سبتمبر 2008

Claude Parent, des livres chapitre 1






Les coïncidences sont superbes. Elle sont un rassemblement inattendu de plaisirs simples.
En ce moment ce sont les ouvrages sur Claude Parent qui se rassemblent dans ma bibliothèque. Cela commence par une curieuse édition d'un ensemble de planches photographiques regroupées sous le titre "Petites maisons et villas d'aujourd'hui" aux éditions d'art Charles Moreau dans lequel figure une villa dessinée par Claude Parent et de nombreuses villas à Royan. J'ai dégotté cette merveille aux Emmaüs du Mans lors de mon week-end architecture. Cet ouvrage est curieux car il donne une impression d'avant-guerre avec sa typographie ronde très Déco. En fait l'ouvrage semble bien plus être de la fin des années cinquante et de plus il n'est pas broché sûrement pour l'utilisation en fiche par les lecteurs se précipitant chez l'architecte du coin avec leurs modèles sous le bras. Je veux quelque chose comme ça, assez moderne mais pas trop un peu comme ça là vous voyez avec de la pierre mais aussi pratique, il faut que tout communique, vous comprenez Monsieur et puis là une céramique de Dubroc et mon jet d'eau ici...
On trouve donc la planche 22 nous présentant une villa à Ville d'Avray dessinée par G.L. Bureau, Claude Parent et Yonel Schein !! Rien de moins... Mais c'est curieux car le bâtiment du haut ne semble pas correspondre à celui du bas. Deux villas différentes ? J'avoue aimer beaucoup celle du bas avec son long cheminement vers l'entrée très sculpturale et de Stjil ! On peut rêver à des couleurs vives sur les piliers de métal. Or, je retrouve dans un autre livre "Villas modernes" la même construction avec des photographies similaires mais légèrement différentes, c'est édité chez Charles Massin en 1962 et ça regorge de villas Arpel et royannaises. Donc, en conclusion on peut penser qu'il s'agit bel et bien de la même maison. Le Jeune Claude Parent devait faire là, à Ville d'Avray, ses premières armes. Un peu plus loin, toujours dans "villa modernes" on trouve une autre maison de l'architecte, cette fois en Seine et Oise, sans autre précision, on nous indique que la maison est pour une famille avec trois enfants. "Ce sont des toitures à très long pan qui déterminent le caractère plastique de l'habitation ; ces plans obliques, très accusés, distinguent la partie réception (couverture à double pente) de la partie sommeil (toit à une pente)".
Et puis je reçois hier l'édition originale de "vivre à l'oblique" publiée en 1970 chez l'aventure urbaine. Je possède la belle petite réédition chez l'excellent éditeur Jean-Michel Place mais j'avoue mon contentement devant l'original qui arbore peut-être une dédicace du maître : "au Docteur Labrouge (?) en souvenir du colloque des conservateurs de musées ; En regret d'une confrontation médecine et architecture qui n'a pas lieu."
Je conseille à tous de le lire et de le relire. Il y a de beaux passages sur les erreurs de Le Corbusier, contre le design et aussi sur la redécouverte du corps et de l'effort. Des paroles de la danse. C'est véhément mais c'est salutaire. J'aime aussi beaucoup les schémas gras au pinceau et à l'encre de chine. Un beau et indispensable ouvrage.
Et puis voilà que Julien Donada m'annonce la sortie prochaine d'un livre sur Claude Parent aux éditions Acte Sud écrit par Béatrice Simonot avec une préface de Jean Nouvel. cet ouvrage portera le titre " le fou de la diagonale-Claude Parent architecte" et sortira le 24 septembre prochain. Les conseils de Julien étant toujours bons, je crois qu'il nous faudra lire cela avec beaucoup d'attention. Je remarque que l'auteur du livre, les coïncidences je vous dis, fut enseignante à l'école d'architecture de Normandie à Darnétal dans la très belle Usine Fromage.
Julien fait une projection de son film sur la Tour E.D.F d'Issy les Moulineaux (Atelier de Montrouge) à la Cité de l'architecture (Chaillot) le 9 octobre. Je ne pourrai y être mais si certains d'entre vous peuvent s'y rendre, n'hésitez pas. il y a encore quelques petites pépites dans ma bibliothèque autour de Claude Parent, mais là sans coïncidence aucune alors gardons-les pour plus tard.

claude Parent, des livres chapitre 2




Claude Parent dans "villas modernes" chez Massin éditeur.

Claude Parent, des livres chapitre 3




Claude Parent chez Jean-Michel Place éditeur et aux éditions de l'aventure humaine.

Sarcelles du Grand Standing




Comme promis, voici l'avis de notre guide d'architecture contemporaine en France par Messieurs Amouroux, Crettol et Monnet.
Comme toujours c'est... euh direct :
Villeneuve Loubet plage ensemble "marina baie des anges"
architectes : M. Marot et A. Minangoy, ingénieurs P. Clos et H. Habib.
Caractéristiques : ensemble de grand standing ; 4 immeubles de 14 à 22 étages ; 1200 appartements du studio au 5 pièces ; tour hôtel de 24 étages et 300 chambres (en projet) ; port de 600 places ; centre commercial ; complexe sportif et de loisirs ; 16 ha de terrain Actuellement l'immeuble "Amiral" achevé (1970) 259 appartements l'immeuble "Commodore" en cours (1972). Prix de vente moyen du m2 : 3000f . Circulation automobile souterraine ; Plage privée de 250m de long. Répartition des appartements, immeuble "amiral" : 141 deux pièces, 42 trois p, 54 quatre p, 22 cinq p, 30 possèdent une terrasse. Ossature béton armé, remplissage parpaings. Aux deux niveaux de l'architecture et de l'urbanisme ; c'est un scandale. Marina Baie des Anges est un des lieux saccagés de la Côte d'Azur. Quatre volumes, barres de forme courbe, n'ont jamais constitué ni une "intégration au site" ni un "cadeau fait au site comme tente de le démontrer la publicité. C'est le Sarcelles du Grand Standing et non une architecture qui "prend vraiment la Méditerranée à bras ouverts". Ce micro-urbanisme peut être compris ainsi : je construis donc j'implante. Au prix du mètre carré, il faut un terrain qui présente des avantages uniques. Au bord de la mer, au bord même, en est un. Alors, pour une clientèle triée sur le portefeuille est offert, par exemple Marina Baie des Anges; il n'existe pas en France de politique consciente de l'espace, Marina en est la preuve. L'une des preuves.
Voilà qui est dit. Ne pas oublier d'aller voir le petit film sur le site de l'I.N.A, on y voit Monsieur Minangoy en train de peindre, c'est... touchant et on visite un peu le lieu.
www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=I00013787

la voile de béton, un modèle international ? 1






Pour rebondir en quelque sorte encore un peu sur les vele di Scampia vues dans Gomorra et pour rebondir d'une manière un peu formelle uniquement, je vous propose des rapprochements entre plusieurs bâtiments qui semblent vouloir jouer sur la même ligne constructive (celle de la coque et non de l'interne) en adoptant la courbe, le gradin, la masse.
En France on connaît bien Marina-baie des Anges de l'architecte Minangoy, qui est souvent l'argument fort des anti-bétonnage de nos traits de côtes. Je veux dire que Thalassa déteste. On peut tout dire sur ce type d'architecture, sa massivité, l'impossibilité d'y échapper, le mur dressé entre la terre et la mer. C'est le type même de bâtiment dont on peut faire de ses défauts des qualités et vice versa. Il semble qu'ici seul le jeu assez subtil des courbes bien dessinées et l'alternance des percées comme opposition à la droite et la verticalité soient les éléments qui en font un ensemble moderne (!). C'est un peu court. Mais il est indéniable que l'ensemble se vrillant sur lui-même, cherchant à offrir à chaque appartement un point de vue sur la mer ou sur lui-même (effet de miroir) provoque un effet assez extraordinaire. Les terrasses en gradins font envie, gigantesques balcons sur la mer pour les plus chanceux. Le bâtiment semble vouloir être le spectacle en lieu et place du spectacle de la mer. On évoque ici des termes maritimes, voiles blanches, paquebots, et même collines sculptées par la mer et le vent. J'imagine d'ailleurs qu'au pied de ces immeubles des courants d'air doivent être bien forts. Mais cela est, c'est présent, fort, un rien brutal donc. Nous verrons ce qu'en pense notre guide un peu plus loin et c'est salé !!
Mais reprenons le modèle formel. Voici un autre bâtiment brutal posé sur la plage. Un bâtiment fort dont je rêve la visite. Il s'agit du magnifique V.V.F Chambre d'Amour à Anglet dont je vous ai déjà parlé. Ici aussi nous avons la pyramide et même le pyramidion en façade, ici aussi nous avons l'étagement en terrasses mais qui ne semblent pas occupées, ici aussi ça se courbe pour épouser la côte (ça se plie est plus juste). Je ne peux rien dire d'autre que ma passion pour ce type de brutalisme à la française. C'est énorme, c'est la Rafale de Reims au bord de mer. L'echelle est bien plus modeste que Marina-baie des Anges et le dessin est plus complexe également. Des volumes jouent de manière juste sous le soleil... Le matériau est choisi, la couleur également, l'ensemble bien qu'en opposition dure avec l'environnement semble en même temps en émaner. C'est égyptien, aztèque et babylonien. C'est somptueux. Les architectes sont Messieurs Hebrard, Gresy, et Percillier pour le groupement Aquitaine Architectes Associés.

Nous allons maintenant en Espagne à Cullera voire l'édifice "fleur d'oranger". Cette carte fut envoyée pour l'anecdote par ma Tante Gisèle en 1980 et nous dit : les beaux immeubles faits sur la côte. Horreur !!
Oui c'est vrai. On dirait que l'étagement en terrasse ne pouvait pas descendre jusqu'au sol ! C'est un écran. Sur le côté du bâtiment on devine une mosaïque laide. Au loin, le même type de construction au bord de mer.


Finissons avec le Hua Ting Sheraton Hotel de Shanghaï, dont la carte postale nous dit en légende : building of modern Shanghaï style. C'est quoi le style moderne de Shanghaï ?
La correspondante nous renseigne un peu : nous sommes arrivés à Shanghaï, ville moderne et évoluée, ancien comptoir elle a subi la colonisation anglaise et française. Les villes explosent. Ils rasent leurs maisons pour construire des buildings...
Voilà qui est dit, c'est sûrement les restes de la colonisation destruction et mauvais goût. On admirera ici la tour de transport, la courbe voluptueuse et la couleur saumon très chic. C'est moche. J'ai étrangement trouvé les deux cartes postales, celle du projet et celle de la réalisation à des endroits différents. Les cartes postales de projets architecturaux sont rares et je suis toujours heureux d'en trouver. On remarque souvent dans celles-ci la difficulté à contextualiser les bâtiments à moins qu'il ne s'agisse d'une manière de resserrer l'intérêt sur le projet. Voyez le traitement du fond par exemple.
Pour ce qui est des éditeurs et par ordre d'apparition :
Villeneuve-Loubet vue aérienne pour Rion en Lyon color
Villeneuve-Loubet Marina baie des anges aux éditions Azur même point de vue mais construction de la dernière barre visible. Carte postée en 1986.
Villeneuve-Loubet Marina Baie des Anges architecte M.A. Minangoy, édition Combier expédiée en 1979.
Anglet Chambre d'Amour V.V.F édition Elcé en Elcécolor, couleurs naturelles.
Cullera (valencia) édifice "fleur d'oranger", pas de nom d'éditeur, expédiée en 1980.
Hua Ting Sheraton Hotel Shanghaï Cao Xi Bei Lu (? architecte?) people's republic of China. (projet)
the Huating Sheraton Hotel (Building of Modern Shanghaï Style).

la voile de béton, un modèle international ? 2



الاثنين، 8 سبتمبر 2008

Royan à la minute 1






Une nouvelle fois Royan sera le sujet d'un article sur ce blog. Une nouvelle fois les photographes de cartes postales m'étonnent.
Par exemple sur ces deux cartes postales Elcé on a le plaisir de voir notre superbe marché couvert que nous connaissons bien. Mais si on regarde attentivement, (et cela je le fais toujours lorsqu'il s'agit de Royan) on remarque facilement que les deux prises de vue n'ont que quelques minutes d'écart.
Observons :
D'abord la ligne de nuages identiques, même oblique, même densité. Puis le pli du barnum jaune du marchand de légumes, identique sur les deux images ainsi que le rangement des cageots de légumes, tomates exactement à la même place. Un peu plus à gauche, un maraîcher s'installe, porte ouverte et affiche lacérée identiques ainsi que l'habit du dit maraîcher au travail. Enfin le vendeur à la sauvette devant le mur de la terrasse, au même endroit, habillé à l'identique. Il suffit de regarder la pendule pour comprendre que les deux clichés ont été pris à quelques minutes d'écart, 5 à peine.
On peut comprendre que le photographe a réalisé une vue plus globale puis a resserré son point de vue, peut-être trop au point que le marché déborde du cadre. Ce point de vue est une édition plus ancienne et on peut imaginer que l'éditeur a souhaité une image offrant un peu plus de contexte à l'architecture. Donc l'écart qui a été opéré entre les deux clichés, très faible, a servi un écart éditorial beaucoup plus grand, plusieurs années. Etonnant non ?
A moins que ce ne soit l'image qui soit recadrée et non le point de vue ce qui tenterait à démontrer que le photographe a juste déclenché plusieurs fois pour peut-être animer le site de passants, chalands et compagnie. Il faut imaginer le photographe demandant l'autorisation de photographier depuis l'appartement dont je vous donne le point de vue sur une autre carte postale aux éditions Lapie de 1959. On admirera le chantier de Notre-Dame de Royan au loin. C'est donc un très court métrage, deux images, mais le temps passe tout de même. Magnifique temps qui passe à Royan, ma magnifique nostalgie que je nourris sans fin de cartes postales aux couleurs naturelles.