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الثلاثاء، 30 ديسمبر 2008

pour Cartorama, l'Espagne.

Cartorama est un lecteur de ce blog qui s'interroge à juste titre de l'absence de cartes postales de la Costa Brava et de Benidorm en particulier.
C'est un signe.
J'avoue que je vois souvent dans les boîtes à chaussures ce genre de cartes postales mais que je ne juge pas souvent qu'elles ont un intérêt particulier pour moi. Benidorm est l'exemple type (à ce titre c'est intéressant) du bétonnage des côtes, bousculade de tours et de barres de promoteurs ne cherchant qu'à offrir le maximum de vues sur mer et de balcons au soleil en grimpant un peu plus haut que le voisin, le tout dans une absence totale d'urbanisme et d'idée architecturale.
Mais certainement que je me trompe.
Vous connaissez mon goût pour un certain type de radicalité mais celle-ci est souvent l'œuvre d'une pensée qui parvient sans compromission à atteindre le stade de la construction. Cette radicalité produit des formes et ces formes parfois échouent dans des copies, styles, façades qui malheureusement ne sont pas aussi puissamment armées conceptuellement.
L'architecte qui a le plus, je crois, poussé la réflexion sur l'architecture des loisirs est Monsieur Georges Candilis dont les formes architecturales sont produites par une profonde réflexion sur les notions d'utilisation, de rationalisation de la construction, d'une égalité et d'un humanisme total. Sans oublier la Grande Motte de Monsieur Balladur ou le magnifique plan d'urbanisme de Royan.
Mais j'ai cherché dans mes classeurs et je vous propose trois cartes postales d'Espagne.


Je commence avec une vue de El Perello (Valencia) et un ensemble de trois tours sur dalle. J'aime les dalles. Celle-ci est réellement pratiquée par les piétons et sur une vue satellitaire on aperçoit la piscine derrière les immeubles ainsi qu'une large ouverture circulaire dans la dalle formant jardin. J'imagine que sous cette dalle se situe un centre commercial et de services mais que cache cette construction en pointe au bout de la dalle ? Je ne sais pas pourquoi mais je parierais pour une église. L'ensemble est assez bien dessiné, les immeubles en décrochement offrent un dynamisme relatif et l'espace entre eux réserve, je pense, pour les habitants, des vues bien dégagées sur la mer toute proche et sur les rizières derrière. Mais que fait-on sur cette dalle surchauffée l'été ? Cet espace est-il praticable et pratiqué ? On aperçoit quelques piétons qui doivent aller à la piscine par cet énorme balcon.


Nous voici maintenant à Platja d'Aro (Costa Brava). Cette carte postale est normalement rangée dans les cartes postales situées car Jean-Claude a marqué d'une croix son logement sur le grand immeuble gris à droite au douzième étage ! Il a l'air content !
Mais je m'intéresse plus au petit ensemble immobilier blanc tout en courbe. On admirera (c'est beaucoup) les cubes à l'extrême pointe, juste au-dessus de Beach Palace !


J'aime assez ce petit ensemble, la vue satellitaire nous informe qu'il est composé de trois petits immeubles devant une barre toute découpée. Mais l'ensemble vit à l'ombre de ces barres grises menaçantes...



Finissons avec une tour qui tente quelque chose, pas grand chose en vérité, à peine un dessin original des balcons...
Nous sommes à Playa de San Juan (Alicante). Pas grand-chose à en dire sinon ça. Faire ondoyer des balcons n'a jamais permis d'inventer ni de résoudre les questions de la surpopulation estivale. Par contre cela permet de camoufler cet échec en une esthétique clinquante qui charme les investisseurs.
Si vous voulez voir la belle et riche collection de cartes postales de Cartorama, allez là c'est saisissant et je suis jaloux parfois :
http://www.flickr.com/photos/cartorama

الاثنين، 29 ديسمبر 2008

V.V.F, ça dure.



Je vous reparle des V.V.F (Villages, Vacances, Familles).
Cette fois-ci nous sommes à Saint-Jean-de-Monts en Vendée, regardez cet immeuble de Jean Marty architecte. N'est-il pas intéressant ?
Dessiné au cutter, massif aux angles accentués, sorte de contre-fort hôtelier il mélange les formules et les références. On le dirait dessiné d'après les plaques de béton préfabriquées tentant l'amalgame entre contrainte structurelle et puissance formelle. Il est défensif. Ce qui lui donne cette allure c'est la base en pente surmontée d'un jeu d'ouvertures en saillies où les fenêtres sont à égalité avec les plaques de béton des balcons. C'est irrégulier, contre-dit, un peu hésitant mais fort dynamique et sculptural. L'escalier en vis derrière redonne encore un peu d'une image militaire, sorte de tour de vigie solide et continue. Implacable. On admirera l'auvent de l'entrée tout en pointe, sorte de pont-levis figé dans un béton aux pans colorés.
Donc du biais, du solide, du massif tout pour me plaire. Je ne trouve rien sur Jean Marty l'architecte de ce V.V.F mais le guide nous donne deux entrées. Il s'agit d'un barrage à Beaufort et de l'usine marée-motrice de la Rance. Un architecte du génie civil ?
Cela expliquerait peut-être le registre formel. La carte postale est une édition du V.V.F qui nomme l'architecte.



Mais à Saint-Jean-de-Monts Monsieur Jean Marty a aussi construit ces petits bâtiments des gîtes du V.V.F. Là encore, dans un registre plus traditionnel et régionaliste, on a droit à du pan coupé, du biais, du pointu. Les angles deviennent un élément décoratif et les murs s'avancent comme pour offrir des abris au vent. En symétrie les constructions sont reliées par des passerelles et escaliers. C'est dans le genre, assez réussi, je trouve. Pas de clôture, l'ensemble est posé sur le sable. Sur cette carte postale Artaud l'architecte est nommé.



Sur cette vue multiple on retrouve notre immeuble et on aperçoit la barre en construction sur le front de plage. Cette "Marina" est de l'architecte Monsieur Naulleau.


Là aussi, c'est pentu et en retraits successifs. Mais là c'est un peu dur. La volumétrie est pauvre, juste ce qu'il faut pour faire semblant d'éviter l'effet barre mais l'image du dos du bâtiment ne trompe pas, ça ferme le front de mer.


L'arrière est aussi pauvre que le devant. Aucune ouverture, pas de cheminement c'est un mur que nous propose cette carte postale Artaud
On peut comprendre facilement ce que la Grande Motte de Monsieur Balladur a évité. C'est l'antithèse absolue.
Monsieur Marty, signalons-le a travaillé avec Monsieur Arretche qui nous a offert la belle église de la place de la Pucelle à Rouen. Décidement ce V.V.F regorge de belles choses. Qui maîtrisait la politique architecturale de ce groupe ? Qui doit-on remercier ?

السبت، 22 نوفمبر 2008

Pour Joachim, la rue d'Ulm



Oui Joachim l'immeuble de la Rue d'Ulm à Paris est évoqué dans le livre. Assez brièvement d'ailleurs mais voici deux images qui pourront peut-être vous contenter. Il s'agit donc de la fondation Curie.

Dans le guide de Ionel Schein, Paris Construit, on trouve également une information :
"Bâtiment dont l'expression construite renouvelle l'architecture des laboratoires et instituts de recherche parisiens, domaine où l'investissement et les innovations sont trop rares. Il est dommage que l'architecte accepte, ici comme ailleurs, de "rassurer" et employer pour cela des matériaux "riches" comme ici le marbre ; est encore visible ici la "composition" des volumes et leur "équilibre" réminiscence d'un enseignement périmé.
Jean Balladur architecte 1961-1964
Ionel schein est dur. Il l'est d'ailleurs quasiment dans l'ensemble de ce petit livre rouge. Mais sa maîtrise du guillemet répond sûrement à son architecture...
Paris Construit
Guide d'architecture contemporaine par I. Schein, collection Environnement, éditions Vincent, Fréal et Co 4 rue des Beaux-Arts Paris 6. Les photographies sont de Thomas Cugini. 1970.

الأربعاء، 19 نوفمبر 2008

un livre, des cartes postales, des photographes, un architecte


J'ai de la chance.
Le facteur m'apporte ce matin un magnifique livre consacré à Jean Balladur. L'ouvrage dédicacé par l'architecte (oui) est essentiellement un recueil de photographies. Des photographies réalisées par le duo dont on a déjà parlé ici : Pierre Joly et Véra Cardot (oui).



Mais cela me permet surtout de donner un nom d'architecte pour un bâtiment repéré sur un carte postale Abeille-cartes, Lyna envoyée en 1976. Cette vue aérienne superbe nous montre la Défense sans l'Arche en BIBACOLOR (sic !) photographiée par Jean Bastide qui a eu bien de la chance de voler au-dessus de Paris de la sorte. On voit bien en effet au milieu des monolithes ce bâtiment tramé de blanc et de noir, très graphique avec des courbes étranges au bord du bâti. Cela répond un peu au lyrisme du C.N.I.T.
Ce bâtiment est donc de Jean Balladur pour lequel mes aficionados connaissent mon admiration sans borne. Oui. Voyons ce que nous dit l'ouvrage :
"Cet immeuble de bureaux, construit pour être le siège de la Société de Réassurance dans l'ensemble de la défense, se situe sur le parvis au-dessus du centre Commercial des Quatre-Temps, et dialogue avec le C.N.I.T qui lui est diamétralement opposé. Il lui emprunte le traitement courbe et sculptural des pignons, la couleur blanche du marbre de Carrare qui habille les façades et le dessin des arcatures qui couronnent et terminent ce petit édifice. Il tente de dessiner, dans le contexte de la défense, une nouvelle approche de l'immeuble de bureaux, typiquement française, et enfin libérée des modèles américains."
J'ai vraiment de la chance.




Si je regarde bien, au fond de cette carte postale, je remarque un autre bâtiment dont je possède également une vue. Le Paris Penta Hôtel place Charras à Courbevoie. Étonnant toujours de sauter d'une image à l'autre; d'un point de vue architectural pas grand-chose à dire sinon qu'il s'agit d'un cylindre percé d'ouvertures, les chambres. Impossible d'obtenir plus d'informations, est-ce utile ? la carte postale est une édition Studio 4.
Suivent quelques photographies du duo Pierre Joly et Vera Cardot extraites du livre Jean Balladur aux éditions Conseils.


السبت، 27 سبتمبر 2008

De retour






Le blanc de 5 jours sur ce blog n'est pas un vide, c'est un moment de voyage vers le sud.
Me voici de retour. Pendant ce séjour j'ai pu enfin découvrir la Grande Motte de Monsieur Balladur. Je rêvais sur des cartes postales de cette ville idéale et la réalité ne m'a pas trop déçu. Les bâtiments sont en place, un peu cachés par une végétation qui a bien poussé sous ce climat et qui cache parfois les points de vue de mes cartes postales. Il est parfois impossible de voir la construction, comme pour l'église par exemple. Mais il y a aussi des lieux abandonnés comme le point zéro qui pourtant ne le méritent pas car ils furent très dessinés, pensés et représentatifs de la ville. Ce n'est pas trop tard pour remettre de l'ordre encore faudrait-il trouver une volonté municipale qui au lieu d'inventer des places au Design douteux ferait mieux d'entretenir ce qui est exceptionnel et préserver les espaces publics de cette profusion inepte de marchands de frites et de saucisses. Je vais finir par nommer ce syndrome du nom d'une autre ville ainsi défigurée : Royan.
Comme toujours on attendra qu'il soit trop tard pour avoir la joie du regret, c'est si français comme attitude.
Mais c'est encore beau.
Je vous montre quelques images à la manière de Julien Donada mais bien moins réussies que lui.