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الأحد، 1 فبراير 2009

Sens Oblique, précipitation

Des nouvelles de la défense du supermarché de Sens.
J'ai eu un contact fort intéressant avec un maire adjoint de la Ville de Sens chargé du Patrimoine et de l'architecture, Monsieur Ory.
Nous avons convenu d'une rencontre et je crois qu'il peut s'agir d'un appui. La Ville de Sens semble, en tout cas, au courant de la portée historique de ce bâtiment. C'est déjà ça.
J'ai également reçu une réponse très encourageante de la part de Madame Cécile Ullmann, conservatrice des monuments historiques de la Région Bourgogne. Là aussi la prise de conscience est effective et il semble que la constitution d'un dossier soit la voie à suivre pour l'obtention d'une protection.
Je me mets au travail dès lundi.
Des courriers seront envoyés à Monsieur Armaury de Seze, président du conseil d'Administration du Groupe Carrefour et à Monsieur Bertrand Arnaud, Président du Groupe LVMH.
Mieux vaut s'adresser aux dieux qu'à leurs saints...
Au fait, tous courriers, déclarations d'intérêts, témoignages, soutiens seront les bienvenus pour ce dossier. Qui que vous soyez, je n'attends plus que vous. Merci.

السبت، 24 يناير 2009

parking noir et blanc


Me revoici à Toulouse avec le parking Victor Hugo. Déjà publié sur ce blog le 3 novembre 2007, je ne peux m'empêcher de vous montrer cette nouvelle acquisition.
Comment ne pas trouver cette forme remarquable ? Comment ne pas jubiler à la ligne noire qui fend la blancheur du béton ?
Comment ne pas voir dans ces ellipses, pyramidions, rayures déterminés par le contraste du noir et blanc le plaisir d'un dessin radical qui devait peu ou prou ressembler à la construction ?
Je crois qu'il s'agit là d'un dessin construit d'une pureté formelle déterminée non pas tant par la fonction que par l'allure du graphisme. Ici c'est le dessin qui fut traduit en forme, tout part du rêve de ce point de vue.
Faire vibrer le fond de l'œil comme une œuvre d'Op'Art. Puisqu'il faut garer les voitures garons les et dans les courbes de la tour faisons crisser les pneus. Les yeux ravis derrière le pare-brise de la Dauphine, les ombres feront trembler la façade.
La carte postale est une édition "Pyr. Océan" envoyée en 1960.

السبت، 10 يناير 2009

Monsieur de Brauer et Marcel Breuer


Mystère...
Voici une carte postale bien étonnante. Il s'agit :
"Sur l'emplacement même du gisement de gaz naturel de Lacq situé à quelque 4000 mètres de profondeur cette station à l'architecture audacieuse distribue l'essence séparée du gaz (260.000 tonnes par an) dans l'usine voisine de la Société Nationale des Pétroles d'Aquitaine. Architecte Mr de BRAUER."
Très surprenant le rapprochement formel avec l'auvent de l'Unesco vu sur ce blog le 10 décembre 2008.
Très surprenant le rapprochement des noms des architectes Marcel Breuer et De Brauer...
Vraiment on peut imaginer qu'il s'agit du même architecte. Pourtant on a déjà vu sur ce site des rapprochements tels que Bloc et Bloch...
Alors...
Je reste dubitatif mais je reste béat devant ce magnifique morceau de voile de béton tendu. Quelle puissance ! On remarquera la courbe inversée du toit par rapport à l'auvent de l'Unesco et les piliers un tout petit peu plus haut.
C'est fin, élancé un très beau morceau je vous dis.
Mais tiens donc, notre guide vénéré nous indique qu'à Paris les bureaux du Serete sont de Monsieur de Brauer.
Donc il ne s'agit pas d'une erreur nominative mais bien de l'œuvre de cet architecte qui a dû bien regarder l'autre.
Grâce à Street View on peut constater que le bâtiment est toujours là et toujours aussi beau.


الاثنين، 5 يناير 2009

Sens Oblique, étape 1

Aujourd'hui j'ai modestement tenté d'en savoir un peu plus sur le classement du supermarché de Sens de Monsieur Parent.
La mairie de Sens m'a confirmé qu'il n'existait pour le moment aucune mesure prise à son égard et me renvoie vers les Bâtiments de France à Auxerre. J'ai tout de même envoyé un courrier à Monsieur le Maire de Sens pour l'informer de l'intérêt de ce bâtiment pour sa commune. Nous verrons comment cela rebondit.
Demain j'appelle le Service Départemental de L'Architecture et du Patrimoine de l'Yonne. Il me confirmeront sûrement la position de la mairie mais me donneront peut-être des moyens pour faire avancer les choses.
J'ai acheté une imprimante, elle fonctionne bien, je crois que je vais en avoir vraiment besoin...
J'ai besoin de vous également.

الأحد، 4 يناير 2009

en lisant Claude Parent, Nevers.

J'ai déjà tellement publié sur Nevers que j'hésite à vous remettre une des images de cette magnifique église de Sainte Bernadette du Banlay.
Mais je poursuis ma lecture et les pages écrites par Monsieur Parent sont magnifiques. Je crois qu'il faut que vous les lisiez :






الجمعة، 2 يناير 2009

Sens, G.E.M, un supermarché à sauver


Comme vous venez de le lire Jean Nouvel a travaillé sur le supermarché G.E.M de Sens.
Mes dernières conversations avec Monsieur Claude Parent révèlent un véritable attachement de sa part à ce bâtiment exceptionnel dont il est l'architecte. J'ai eu la chance de le visiter il y a peu (deux ou trois ans) et il était encore en très bon état constructif, à peine camouflé par une peinture et des accroches commerciales. Il appartient je crois au groupe Carrefour qui a malheureusement totalement transformé le supermarché Reims-Tinqueux également de Monsieur Parent.
Sens est un chef d'œuvre.
Ce n'est pas une affirmation personnelle mais la réalité d'une histoire de l'architecture française.
De par son programme, son application de la fonction oblique, sa puissance formelle et conceptuelle et la rareté de son type il devrait être protégé tout comme le supermarché de Ris-Orangis.
Je ne sais pas si actuellement quoi que ce soit est prévu en ce sens, et je vais m'employer à le savoir mais je demande à toutes les bonnes volontés de se joindre à moi pour une action de sauvegarde.
Je ne suis rien seul.
Je n'ai rien pu faire pour sauver Reims-Tinqueux, je n'ai rien pu faire pour sauver La Rafale à Reims également, je n'ai rien pu faire pour sauver le Casino de Royan alors je vais tenter là quelque chose.
Je suis à votre écoute pour des modes d'actions et ce blog sera une liaison entre nous.
Je propose que cette énergie prenne le nom de "Sens Oblique".
Dès lundi je me mets au travail, qui m'aime me suive...
Voici quelques images du supermarché hier et aujourd'hui. Celles d'hier sont tirées de la revue "Architettura" N°208 de 1973, revue italienne à laquelle je tiens beaucoup car offerte par Marc Hamandjian. Les photographies d'aujourd'hui sont de Claude Lothier.







الأربعاء، 31 ديسمبر 2008

en lisant Claude Parent, Ronchamp


Je poursuis l'exercice de lecture.
C'est aussi pour moi l'occasion de m'apercevoir que j'ai peu publié sur Le Corbusier. Il ne s'agit pas d'un manque d'intérêt mais c'est un peu le hasard des publications. J'ai surtout parlé du Maître au travers des autres architectes essayant ainsi de mesurer une influence.
Mais voici que Claude Parent en parle directement et je le suis. Il s'agit ici de Ronchamp car il n'est pas difficile d'y voir une influence pour Nevers.
Il s'agit du même programme, une église, il s'agit aussi d'un tournant important pour les deux architectes et formellement il s'agit aussi de magnifiques roches fracturées posées là indifférentes et fortes.
Monsieur Claude Parent nous apprend que grâce à son frère il a pu à quinze ans rencontrer le travail du Maître au travers de ses livres.
Il nous dit aussi qu'il a dû rompre avec l'héritage d'une manière dure mais vraie en n'oubliant jamais l'influence de ce dernier. (C'est avant tout peut-être avec les héritiers qu'il a dû rompre).
Mais comment ne pas faire le chemin de Ronchamp à Nevers ?
Comment ne pas voir dans la complète et totale compréhension des programmes et leur réinvention, comment ne pas sentir dans la masse protectrice formant à elle seule le site, comment ne pas saisir dans le cheminement même de l'extérieur vers l'intérieur et dans sa révélation lumineuse comment ne pas être troublé par l'inquiétude que procure une forme lorsqu'elle n'est pas immédiatement identifiée à son programme, comment donc ne pas voir le rapprochement strident entre Nevers et Ronchamp ?
L'un, sculpteur cherchant l'imitation obscure d'une coque de crabe, comme si le réel devait l'expliquer et l'autre sur une pression amicale trouvant sa référence dans l'impossible rachat d'une architecture de guerre, ces deux monuments profondément autres, se refusant totalement à tous rapprochements identitaires (faire "église") trouvent une expression formelle grâce également au lyrisme du verbe. Il s'agit aussi d'œuvre du langage.
La grotte sert d'abri au crabe et ici l'histoire nous dit le crabe sert d'abri à la grotte. Des carapaces.
Il faut dire que j'aime aussi de Sainte-Bernadette-du-Banlay sa manière de tenir et l'image qu'elle propulse. Cette église n'est pas un bunker. C'est une image de bunker. Il s'agit, je crois, d'un point de vue constructif de deux coquilles de béton séparées l'une de l'autre et formant une épaisseur pour les yeux, des fentes pour les corps et la lumière et une fragilité bien cachée. Je me délecte de cette idée. Faire masse, abri avec si peu de matière et leurrer l'œil c'est réjouissant.
J'ai arpenté des pentes et des obliques chez Le Corbusier à la Villa Savoye et à la Villa La Roche par exemple. Des promenades courtes mais où le corps fléchit sous l'angle. La promenade y est belle parce qu'on y redécouvre sa pesanteur sous l'inclinaison plane désespérément d'aile. Je l'ai redécouvert chez Libeskind dans l'incroyablement touchant petit musée juif de Copenhague où le sol et les murs se penchent, vous penchent...
Mais de Monsieur Libeskind nous en reparlerons plus tard.



Voici donc la grotte corbuséenne.
Cette photographie de Marcel Blanc éditée en carte postale nous montre des courbes tombant du toit vers le visiteur, une vague lourde retenue on ne sait comment, la blancheur des murs contrastant avec les gris du ciel et la modestie des ouvertures ressemblant à des portes de buffets massifs. Il fait jour à l'intérieur et la matière granuleuse accroche ce jour. Les bancs d'une si grande simplicité sont des reposoirs à peine équarris mais parfaitement dessinés sur le corps.



Retournons-nous et laissons nous prendre par la soudaine luminosité en faisceaux. Surtout voyons comment la fente entre le toit et le mur du fond semble un coup de rasoir produit par l'énergie lumineuse. Quelle idée ! Tout semble si lourd et tout flotte pourtant sur un rai de lumière ! L'incision dit bien soudain la légèreté du béton en voile, c'est comme une tenture posée sur de minuscules plots.
Regardez bien le sol, regardez bien sa pente douce infléchie. Rien ici ne dérange l'impétueuse nécessité de conduire le pélerin vers l'autel. Il glisse.
Mais il devra remonter légèrement sans violence pour atteindre l'autel. Tout doucement. Monsieur Parent a pratiqué cette pente c'est certain, il l'a vécue, l'a suivie. Il s'agit là d'une carte postale éditée par N.D. du Haut et une photographie des Studios Hubert.
Sortons de là, et sous l'œil de Lucien Hervé à ras du sol, le ciel égal donne toute la force à ce toit que j'ai toujours trouvé très... évocateur.
J'ai déjà proposé un cliché de Lucien Hervé sur ce blog. Il fait toujours venir le sol. J'aime le tas de terre à gauche, petite colline inévitable au cadrage ?
Non, affirmation des volumes, respect d'un état du lieu.
La carte est éditée par la société immobilière de N.D. du Haut et fut expédiée en 1957.
Au dos du numéro 1-2 de "l'Art Sacré" consacré à Ronchamp une photographie nous montre un homme arpentant le toit. Il est sur une colline douce et descend cette pente, sentant sûrement le poids de son corps le précipitant vers le sol. Dynamisme retrouvé du pélerin grimpant la butte vers l'église, oblique finale celle de la couverture...
C'est avec celui de l'église de Royan, l'un des toits que je rêve de pratiquer !



En lisant Claude Parent, le Goetheanum



J'ai commencé à lire l'autobiographie de Monsieur Claude Parent.
C'est lui qui me l'a envoyé. Oui. Merci.
Alors au fil des pages et des références, je vais tenter de trouver dans ma collection des cartes postales en rapport direct avec ce qu'il nous raconte.



Je commence avec cette carte postale un peu défraîchie du Goetheanum de Rudolf Steiner. Il s'agit en fait du second Goethaneum de l'architecte, le premier fut détruit par un incendie. Je vous signale que je n'ai jamais pour ma part visité ce bâtiment autrement que par mes yeux gourmands sur une carte postale en 10X15cm.
Je crois qu'on peut ainsi, par un phénomème de sidération, pourtant bien comprendre la raison de son inclinaison naturelle.
D'abord une masse incroyable, un caillou, un minéral à facettes un peu comme l'agrandissement d'une de ces belles pierres préhistoriques à facettes. Eclatée avec tact aux arêtes. Puis dans cette masse des ouvertures étrangement géométriques, planes et orthogonales alors que les alentours du bâti ne sont que courbes. Contraste.
Voyons aussi que les ouvertures, les percées sont occultées ! La transparence ici, sur cette image est bannie. On entre, semble-t-il par une fente au sol qui malgré sa finesse résiste au poids qui l'assiège. (La grotte ?)
L'ensemble est symétrique. La sensation étrange que le bâtiment nous regarde un peu menaçant comme dans les films expressionnistes. (Pas comme la villa Arpel !)
J'aime voir les minuscules menhirs sur le côté du chemin, petites pierres égarées de leur source, rangées comme des petits soldats sous les ordres de la machine-architecture. Ironie des jardiniers ?
La matière du béton est ici superbe, granuleuse sur le toit semble-t-il et lissée à peine sur les flans de la bête laissant deviner les planches du coffrage. Géniaux coffreurs qui fabriquent de tels moules, chantons leur des louanges !
Mettons les Blockhaus (Bunker), Ronchamp et Sainte Bernadette du Banlay les uns à côté des autres et il ne restera plus qu'à transporter le Goetheanum pour que la filiation soit complète !
Alors ces jalons articulent une phrase architecturale qui nous forme. Pourquoi ai-je finalement tiré cette carte postale de sa boîte à chaussures si dans une vibration impulsive, il n'était possible de rapprocher ce bâtiment de mon univers de formes. Cette puissance là est fondatrice et il est toujours signifiant de saisir qu'on ne la vit pas seul mais qu'elle est accompagnée par nos prédécesseurs dont le travail ouvert laisse filtrer leurs références. Leur histoire devient un peu la nôtre, nous n'avons qu'à nous souvenir et à tirer encore un peu le fil qui nous relie à eux.
La carte postale est une édition Photoglob.
Le livre de Claude Parent est une édition Robert Laffont, 1975.
Pour en savoir plus sur Rudolf Steiner si étrange et complexe personnage aux théories éducatives incroyables voyez là :
http://www.ibe.unesco.org/fileadmin/user_upload/archive/publications/ThinkersPdf/steinerf.pdf


الاثنين، 29 ديسمبر 2008

V.V.F, ça dure.



Je vous reparle des V.V.F (Villages, Vacances, Familles).
Cette fois-ci nous sommes à Saint-Jean-de-Monts en Vendée, regardez cet immeuble de Jean Marty architecte. N'est-il pas intéressant ?
Dessiné au cutter, massif aux angles accentués, sorte de contre-fort hôtelier il mélange les formules et les références. On le dirait dessiné d'après les plaques de béton préfabriquées tentant l'amalgame entre contrainte structurelle et puissance formelle. Il est défensif. Ce qui lui donne cette allure c'est la base en pente surmontée d'un jeu d'ouvertures en saillies où les fenêtres sont à égalité avec les plaques de béton des balcons. C'est irrégulier, contre-dit, un peu hésitant mais fort dynamique et sculptural. L'escalier en vis derrière redonne encore un peu d'une image militaire, sorte de tour de vigie solide et continue. Implacable. On admirera l'auvent de l'entrée tout en pointe, sorte de pont-levis figé dans un béton aux pans colorés.
Donc du biais, du solide, du massif tout pour me plaire. Je ne trouve rien sur Jean Marty l'architecte de ce V.V.F mais le guide nous donne deux entrées. Il s'agit d'un barrage à Beaufort et de l'usine marée-motrice de la Rance. Un architecte du génie civil ?
Cela expliquerait peut-être le registre formel. La carte postale est une édition du V.V.F qui nomme l'architecte.



Mais à Saint-Jean-de-Monts Monsieur Jean Marty a aussi construit ces petits bâtiments des gîtes du V.V.F. Là encore, dans un registre plus traditionnel et régionaliste, on a droit à du pan coupé, du biais, du pointu. Les angles deviennent un élément décoratif et les murs s'avancent comme pour offrir des abris au vent. En symétrie les constructions sont reliées par des passerelles et escaliers. C'est dans le genre, assez réussi, je trouve. Pas de clôture, l'ensemble est posé sur le sable. Sur cette carte postale Artaud l'architecte est nommé.



Sur cette vue multiple on retrouve notre immeuble et on aperçoit la barre en construction sur le front de plage. Cette "Marina" est de l'architecte Monsieur Naulleau.


Là aussi, c'est pentu et en retraits successifs. Mais là c'est un peu dur. La volumétrie est pauvre, juste ce qu'il faut pour faire semblant d'éviter l'effet barre mais l'image du dos du bâtiment ne trompe pas, ça ferme le front de mer.


L'arrière est aussi pauvre que le devant. Aucune ouverture, pas de cheminement c'est un mur que nous propose cette carte postale Artaud
On peut comprendre facilement ce que la Grande Motte de Monsieur Balladur a évité. C'est l'antithèse absolue.
Monsieur Marty, signalons-le a travaillé avec Monsieur Arretche qui nous a offert la belle église de la place de la Pucelle à Rouen. Décidement ce V.V.F regorge de belles choses. Qui maîtrisait la politique architecturale de ce groupe ? Qui doit-on remercier ?

الأربعاء، 24 ديسمبر 2008

Merci ArchiGuide

Parfois l'œil glisse sur la carte postale et déchiffre au loin une vibration, une géométrie, un frémissement qui permet de se dire que peut-être, là au fond de l'image se cacherait quelque chose d'intéressant. Mais comment savoir ? Comment reconnaître et entamer des recherches sur une construction représentée sur une carte postale par seulement deux ou trois centimètres carrés ?
Souvent je m'en sors grâce à un site internet génial pour tout ce qui est de l'architecture contemporaine et très contemporaine. Il s'agit d'ArchiGuide.
Les accès par pays, villes, architectes permettent rapidement et grâce également à la richesse iconographique de trouver ce que l'on cherche. C'est encore le cas aujourd'hui.

Voyez cette carte postale de Villejuif.
Au premier plan la verdure d'un parc municipal Pablo Neruda, puis au second l'Hôtel des impôts. C'est la carte postale qui nous renseigne, carte postale la Cigogne expédiée en 1986. Mais derrière cette institution, je remarque des jeux de façades à gauche et à droite qui me semblent particulièrement intéressants. C'est dynamique, sculpté et articulé avec un jeu de volumes en saillie et de vides.
Est-ce vraiment digne d'intérêt ?
Je vais sur Google Earth : rien. Je cherche en tapant Villejuif et architecture contemporaine mais rien. Alors je pense que dans ma liste de favoris figure le site ArchiGuide. En trois coups hop ! Madame Renée Gailhoustet ! Oui !
Il s'agit de logements dessinés par Madame Gailhoustet en deux temps.


Ici à droite construit en 1981.


Ici à gauche en 1988. Petit problème, ma carte est expédiée en 1986 donc soit la construction n'était pas achevée soit notre guide se trompe légèrement, peu importe à ce point-là car les images ne trompent pas elles et c'est bien la même construction.
Voilà donc une carte postale qui du classeur "boring postcard" passera à celui de cartes postales d'architectes et quelle architecte !
Madame Gailhoustet dont j'ai admiré les magnifiques barres à Ivry en compagnie de mes étudiants et de ma collègue.
Il est important de remercier ArchiGuide et la personne qui s'en occupe. Il reste anonyme et c'est encore plus généreux de sa part. Alors merci à vous pour ce travail gigantesque.
Je vous invite tous à aller y voir et à l'encourager.
www.archi-guide.com
pour en savoir plus sur Madame Renée Gailhoustet :
http://www.perspectivesurbaines.com/IMG/pdf_Renee_Gailhoustet_AMC.pdf

الثلاثاء، 23 ديسمبر 2008

V.V.F et l'architecture

Les Villages Vacances Familles ont eu droit à deux beaux bâtiments. Je vous ai déjà évoqué mon goût pour la Chambre d'Amour à Anglet, magnifique fortification de loisir posée sur le sable.
Voici Grasse. On admire sur cette vue aérienne l'ensemble de petites constructions basses aux toits plats faisant furieusement penser à la fois à Monsieur Candilis et aux villages du Maghreb. On devine de la couleur sur les murs et une circulation automobile interdite compensée par un immense parking à l'entrée. C'est immense et étalé ! On regrettera que les toits ne soient pas en terrasse et pas végétalisés comme pour la Font des Horts à Hyères que j'aime également beaucoup. Mais c'est tout de même un bel ensemble. Notre guide vénéré nous indique :
Ces deux unités se divisent en huit hameaux qui s'articulent autour des installations communes : pavillon central, équipements sportifs, salle commune. La structure est en béton armé. Le remplissage en parpaings a été recouvert d'un enduit teinté dans la masse (Polychromie de Max Soumagnac). Les voutains en béton qui couvrent les cellules d'habitation et les voûtes en briques des salles communes ont été laissés apparents.
Architectes : A.U.A
J. Deroche, V. Fabre, J. Perrotet.
Ingénieurs : M. kostanjevac, S. Venturelli
Aménagements intérieurs : A. Tribel
Maître d'ouvrage S.C.I.C (tiens tiens...)
1966.
Donc pas de la caille !
Qui fera une étude sur les choix architecturaux des V.V.F ? Qui était responsable de cela au sein de l'association ? Car le guide nous indique un autre site intéressant à Gassin pour Air France dessiné par la même équipe. il y a là matière à une thèse, études, article, vidéo... Qui s'y colle ?
Je vais jeter une bouteille à la mer et écrire aux V.V.F. On verra bien.


La carte postale de la vue aérienne est une édition Gilletta photographiée par C. Geay, elle est datée de 1971.

La salle de jeu est une carte postale Gilletta également. Mais d'où est prise cette image ? D'ici ? D'ici ou bien d'ici ?


j'apprends à l'instant que l'ensemble a obtenu le Label patrimoine XXème siècle, voici la fiche :
http://www.paca.culture.gouv.fr/dossiers/xxeme_label/notices/06/grasse/village_clavary/village_le_clavary.pdf

الأربعاء، 17 ديسمبر 2008

un exercice d'analyse


Je fais une tentative dangereuse : analyser une œuvre d'après uniquement son image, sans l'avoir ni expérimentée, visitée, vue autrement que par sa reproduction en photographie.
Je choisis cette œuvre d'abord évidemment parce qu'elle se livre à la manière d'une carte postale. Distribuée gratuitement à l'entrée du Crédac d'Ivry cette petite carte au format postal n'est pourtant pas à dos divisé laissant planer un doute quant à son statut de communicant.
Pourquoi être si proche de l'objet carte postale et s'en échapper aussi vite ?
La peur de faire moins contemporain ?
Les cartons sont disposés à l'entrée et seule l'inclinaison naturelle pousse le visiteur à prendre ou non ces images. C'est déjà un signe, une manière de politesse, une générosité de la diffusion. Cela n'appauvrit rien, l'inclinaison naturelle est toujours une réactivité et elle est inépuisable tant que des nouveaux visiteurs passent, regardent et se servent. Non, vraiment, diffuser en grand nombre ne déstabilise rien de l'approche que l'on a d'une image quelle qu'elle soit. (suivez mon regard).
Souvent d'ailleurs on prend ces images d'une manière un peu rapide, parce qu'elles sont là et on les retrouve au fond d'un sac après une semaine en se demandant ce qu'elles sont. Et c'est souvent à ce moment que l'on se pose la question de leur statut. Quoi en faire ?
Elles sont des pense-bêtes, des manières de se rappeler la visite de l'exposition, de tenter de la comprendre sans l'avoir vue, un bloc-note pour un numéro de téléphone et une approche du travail d'un artiste dont on oublie aussi vite le nom. Mais il arrive que ces images traînent dans notre esprit d'une manière récurrente, qu'elles dérangent les rangements (tiens ?!).
C'est le cas pour cette carte nous montrant un travail de l'artiste contemporain Julien Pastor. Ce travail s'appelle "l'Ivryenne", est daté de 2007, la photographie est de André Morin du Crédac. Toutes ces informations sont sur le verso de la carte, désir d'informer au mieux et nécessité légale du droit d'auteur. Mention est faite également du soutien de quelques administrations culturelles : ville d'Ivry, D.R.A.C Ile-de-France, Conseil régional etc.
Il s'agit donc bien de communication et non d'une édition d'artiste.
Julien Pastor ne pose pas là d'idée de diffusion d'une œuvre originale. Il ne s'agit pas d'un travail mais de sa représentation. C'est fondamental comme nuance car il existe également des cartes postales d'artistes désirées comme telles. On remarque l'extraordinaire qualité de tirage et d'impression de cette carte lourde sur papier fort et brillant : un bel objet.
Que vois-je ?
Un objet étrange qui tient de la tente de camping militaire, parfaitement réalisée et qui reprend d'une manière évidente pour quiconque a visité Ivry les édicules posés au pied des immeubles de Renée Gailhoustet et qui servaient de kiosques à journaux par exemple. Ces édicules sont de Renée Gailhoustet. Il s'agit donc pour Julien Pastor de faire citation d'une architecture modeste mais superbe, vouée à l'extérieur, à l'intérieur d'un lieu d'exposition. Il s'agit également, et la translation est étonnante, de jouer avec l'image d'une architecture vouée au plein air (le camping) que l'on installe au sous-sol !
Les passages sont multiples : extérieur-intérieur, solide-souple (textile), public-privé, marchand-loisir, utile-artistique (là c'est plus complexe), architectural-sculptural, multiple-unique, dehors-dedans. L'échelle change également, Julien Pastor réduit la construction de Madame Gailhoustet je dirais de moitié. C'est difficile pour moi de mesurer mais ma connaissance du lieu d'exposition, ainsi je crois, que ma connaissance du désir des œuvres contemporaines me font penser qu'il n'est pas question ici d'une reproduction à l'echelle 1 ce qui est un peu une translation obligatoire (académique ?) des artistes envers l'architecture (voir Jordi Colomer, Didier Marcel, Marc Hamandjian etc.)
Pourquoi par exemple ne pas réaliser une reproduction à la taille réelle de ces édicules ?
Manière de se l'approprier, manière de l'éloigner du modèle (ne pas copier), manière de jouer avec nous de nos images mentales et de poser un trouble sur la citation. C'est toujours efficace. A contrario, allons voir au Palais de Chaillot la reconstitution à l'échelle 1 de l'appartement de la Cité Radieuse de Le Corbusier. Comprendre que pour le didactique, l'éducatif, on reprend soit l'échelle 1 soit la maquette. L'espace entre les deux est pour les artistes contemporains. Pour ma part j'aime beaucoup l'idée de visiter ainsi comme par télé-portation un lieu.
J'aime cette pièce de Julien Pastor. Le verbe aimer ici comprend donc cette inclinaison naturelle et ce besoin d'analyse. J'aime cette pièce parce qu'elle se pose pour moi dans un registre formel, culturel, citationnel qui est de mon monde. Elle ramasse en quelque sorte une masse incroyable de mes intérêts et mon cerveau, bien avant moi (mais c'est moi non ? aurais-je un inconscient ?) me fait pencher vers cette pièce bien plus vite que mon analyse. Il m'est permis tout de même de la trouver très connotée et tout à fait dans son époque presque sans surprise. Je dirais également que l'ironie, terrain si vivant et labouré, est aussi ce qui rend cette pièce abordable, aimable et ma foi fort réussie. Elle est (chers étudiants, chères étudiantes) aussi remarquablement réalisée ce qui est très important. Pas de bricolage apparent (image je vous dis), on sent une application réelle, un niveau de finition que je prends pour un hommage à l'œuvre citée. il serait insupportable qu'un relâchement tombe ici, ne laissant alors percevoir qu'une faiblesse face aux univers invoqués (architecture, industrie textile).
Voilà.
Il faut conclure en parlant du point de vue centré qui se veut le plus objectif possible, photographier l'œuvre sans faire œuvre d'art, le photographe ne se met pas en avant, il n'invente pas un regard, il sert et c'est son grand talent, il sert la sculpture de Julien Pastor. J'imagine l'artiste et le photographe, de concert décidant du point de vue, à hauteur d'homme, un peu au-dessus pour un lecture maximale du volume. L'espace d'art contemporain dénué de fioritures, décors, permet à l'objet de se détacher du fond dans un rituel de la boîte blanche si contemporain. Comment est cette pièce photographiée au camping des flots bleus, sur un terrain militaire ou devant son modèle dans la rue ? Là, les images des tentes des S.D.F seraient par trop lourdes je crois pour Julien Pastor.
Alors allez au Crédac à Ivry. Vous vous trouverez sous les étoiles de Monsieur Renaudie, sous les barres somptueuses de Madame Gailhoustet.
Vous verrez un lieu vivant et riche qui propose en ce moment une exposition de dessins de Dove Allouche qui sont merveilleux. Ne les manquez pas. Il y a également une araignée qui se promène sur le sol et qui offre à Guillaume le plaisir d'une rencontre les yeux dans les yeux. C'est déjà ça.
Si vous voulez en savoir plus sur Julien Pastor visitez son site :
http://www.julienpastor.com/julienpastor.com/julien_pastor.html
Si vous voulez en savoir plus sur la programmation du Crédac :
www.credac.fr

الأحد، 14 ديسمبر 2008

Marseille un peu


Nous allons regarder deux cartes postales de Marseille et cela sans dire un mot de Le Corbusier, mince trop tard !
Je commence avec cette carte postale dont le ciel a été rogné. Elle nous indique : ensemble immobilier Saint-Georges promenade de la Corniche à Marseille. Cette carte postale vous est offerte par le restaurant Panoramique Saint-Georges, 97 Avenue de la Corse.
Il s'agit d'une édition "La Savoisienne" (maître d'ouvrage) datée avec un tampon du 29 avril 1970.
Le soleil étend une ombre longue sur des arbres sans feuilles ça sent l'hiver. Une nouvelle fois admirons le point de vue mettant en avant le terrain de football et la barrière de béton en premier plan ce qui s'explique par un recul nécessaire pour avoir la hauteur du bâtiment. Le point rouge du polo du joueur donne un stimuli chaud à cette image d'un bleu glacial. Il m'a fallu plonger dans le Guide d'Architecture de Marseille aux éditions Parenthèses par Jacques Sbriglio pour trouver d'autres informations. Je n'avais, par exemple, pas repéré que la construction au toit en arc de cercle est une église ! Pourtant la croix et le clocher maintenant me sautent aux yeux. Aveuglé par le rouge du polo je vous dis...




Voyez ce que dit le guide :
une église d'un millier de places, un cinéma/salle de conférences, un garage couvert, un centre commercial, une école primaire, un dispensaire, un hôtel, un restaurant panoramique et... cent cinquante logements. Voilà l'inventaire de cet îlot urbain, résolument moderne dans sa manière d'illustrer ce que d'aucuns appellent aujourd'hui, la "culture de la congestion" pour désigner les formes de la ville contemporaine. Même si son architecte regrette aujourd'hui de n'avoir pas pu maîtriser jusqu'au bout la mise en œuvre de ce projet, celui-ci, véritable numéro d'acrobatie de par la manipulation d'éléments de programmes de natures radicalement différentes, demeure un exercice de style, tout à fait singulier dans le panorama architectural des années soixante à Marseille.
L'architecte est Monsieur Claude Gros, l'ensemble date de 1960-1963.
Ce qui est étonnant c'est que l'ouvrage reprend la carte postale comme illustration !


Voyez maintenant cette autre carte postale. Il s'agit là encore d'une carte promotionnelle. Beaucoup d'informations au verso : Résidence "la croix du Sud" allée privée du val des bois Sainte-Marguerite Marseille 9ème. Terminus de l'autobus 24s (!) vue du patio intérieur. L'architecte est nommé mais je ne sais pourquoi je n'arrive à y croire M. Présente (!)
Je ne trouve pas d'informations complémentaires dans le guide et sur google Eath je vois quelque chose qui pourrait correspondre à la définition de la carte postale. Il semble d'ailleurs que cela pourraît être très intéressant. Peut-être que notre ami marseillais, Nicolas Mémain pourrait nous offrir de plus amples informations ?
Remarquez que l'écriture imprimée au verso nous offre de jolis petits cercles sur les points des i.
Petite particularité qui me fait croire qu'il s'agit d'une écriture féminine... C'est vrai qu'il est alléchant ce programme, patio, terrasse, calme et nature... Mais l'image nous montre un trou encaissé entre des murs que le décor du paravent et des poissons rouges a du mal à réchauffer. A moins que pour des bains de soleil cela soit l'endroit idéal.

Guide d'architecture de Marseille 1945-1993
Jacques Sbriglio
éditions Parenthèses diffusion P.U.F
1993 encore disponible chez l'éditeur, à se procurer d'urgence !

الأربعاء، 10 ديسمبر 2008

Nelsonite 35



Une rareté.
Voici une carte postale nous montrant le chantier du siège de l'U.N.E.S.C.O à Paris. Cette carte est pleine de particularités. D'abord, bien évidemment le sujet : l'un des plus beaux bâtiments parisiens du XXème siècle associant trois grands architectes : Bernard Zehrfuss, Marcel Breuer et Pier-Luigi Nervi se sont associés pour le dessin. Puis c'est exceptionnel car c'est un chantier. On admirera l'état d'avancement de l'auvent ou les fers à béton dessinent déjà la forme d'une paraboloïde hyperbolique. L'échafaudage est lui-même une construction magnifique. On peut aussi sur cette photographie sentir la transparence du bâtiment. Puis c'est une carte publicitaire pour un produit de protection du bois de coffrage : Nelsonite 35.
Je vous laisse lire.



On peut voir sur cette photographie tirée du guide de l'architecture moderne de Paris par Hervé Martin (éditions Alternatives) l'allure superbe de cet auvent dessiné par Nervi.
Pour ce qui est du bâtiment je ne dirais pas mieux que mon guide vénéré, voyez :


Je profite de cette carte pour vous en montrer deux autres.

La première est une édition Gany en Ganycolor qui nous donne le nom des architectes Breuer (U.S.A) Nervi (Italie) et Zehrfuss (France). Elle est datée avec le très beau tampon du premier jour du 25ème anniversaire de l'O.N.U, le 24 octobre 1970.

L'autre carte nous montre l'intérieur de la salle de conférence en béton plissé, c'est une édition de L'U.N.E.S.C.O imprimée par Draeger, une carte avec le même tampon que précédemment.
Vraiment il s'agit là d'une belle carte postale !