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الأحد، 1 فبراير 2009

Sens Oblique, précipitation

Des nouvelles de la défense du supermarché de Sens.
J'ai eu un contact fort intéressant avec un maire adjoint de la Ville de Sens chargé du Patrimoine et de l'architecture, Monsieur Ory.
Nous avons convenu d'une rencontre et je crois qu'il peut s'agir d'un appui. La Ville de Sens semble, en tout cas, au courant de la portée historique de ce bâtiment. C'est déjà ça.
J'ai également reçu une réponse très encourageante de la part de Madame Cécile Ullmann, conservatrice des monuments historiques de la Région Bourgogne. Là aussi la prise de conscience est effective et il semble que la constitution d'un dossier soit la voie à suivre pour l'obtention d'une protection.
Je me mets au travail dès lundi.
Des courriers seront envoyés à Monsieur Armaury de Seze, président du conseil d'Administration du Groupe Carrefour et à Monsieur Bertrand Arnaud, Président du Groupe LVMH.
Mieux vaut s'adresser aux dieux qu'à leurs saints...
Au fait, tous courriers, déclarations d'intérêts, témoignages, soutiens seront les bienvenus pour ce dossier. Qui que vous soyez, je n'attends plus que vous. Merci.

السبت، 10 يناير 2009

un honneur et une responsabilité


Monsieur Parent m'a envoyé ce dessin.
En figure de proue, le drapeau de la "Fonction Oblique" à la main sur le toit du supermarché de Sens je mène le vaisseau de béton vers les rives d'une sauvegarde espérée.
Oui je la souhaite cette protection et avec mon énergie mélangée à votre soutien déjà si prolixe, chers lecteurs, je n'ai plus qu'à ne pas décevoir Monsieur Parent qui avec sa casquette de Capitaine me donne les bons conseils et son appui.
Comment ne pas répondre à ce désir et à cette nécessité !

Claude Parent, Paris douzième


Je rentre du Mans et dans ma boîte aux lettres je trouve un livre en écriture oblique et une carte postale des années quatre-vingt.
L'ensemble est envoyé par Monsieur Parent.
Notre histoire se poursuit.




Le livre en japonais superbement édité est la traduction de "Vivre à l'oblique" de l'architecte. On se régale de l'incroyable rapprochement de la calligraphie japonaise et des dessins de l'architecte. Je vous propose ici quelques pages. Ce qui est drôle, toujours également c'est la lecture inversée. Il s'agit d'une édition Jo TODA.
La carte postale nous montre un collège dans le 12ème arrondissement de Paris. Je ne connais pas ce bâtiment. L'image nous montre une construction alliant un jeu plastique de formes simples mais subtilement agencées. Cubes, cercles, diagonales en un certain ordre assemblés donnent à voir une belle composition rigoureuse de ces éléments essentiels.
En même temps que j'écris ces mots je me pose la question de la validité d'un tel exercice. Comment parler d'une architecture seulement par le biais d'une image ?
Doit-on forcément parcourir pour lire ?


Maintenant internet avec des logiciels comme Google Earth et la fonction Street-view que je viens d'installer nous proposent des visites de la ville avec une incroyable sensation de présence. Mais on reste à l'extérieur et surtout on ne peut évoluer que sur les pas des photographes ayant effectué les prises de vues. Cela reste saisissant. J'ai donc pu voir d'abord une vue satellite du collège me donnant un peu plus d'informations sur le plan. On peut également découvrir une coupole sur le toit qui doit procurer une lumière à l'intérieur de la bâtisse. J'imagine une sorte de place interne, point nodal de distribution des salles de classes et donnant lecture des niveaux. Mais j'imagine seulement. J'ai pu faire le tour de la construction en suivant les rues et apercevoir au travers des arbres le collège un peu comme un piéton. Mais on reste loin, rien qui puisse valoir le cheminement réel. Tout de même, je me répète c'est assez incroyable.
Alors je peux, toujours les yeux ancrés sur ma carte postale, me réjouir des formes, couleurs, proportions, matières qui constituent le morceau cadré par le photographe (ici A. Gielly). C'est déjà ça. Je peux y voir facilement un traitement du béton très lisse dessinant parfaitement les arêtes des formes cubiques et laissant les joints vides ce qui accentue encore le dessin structurel. Je peux voir des formes imbriquées symétriquement les unes dans les autres offrant un cheminement vers une entrée à hublots. Le jeu de striage entre le rez-de-chaussée (diagonales) et l'étage (verticales) soulignent la brisure du corps principal et le premier étage percé lui aussi de hublots offre les reflets d'un bâtiment de briques.
Mais que puis-je au-delà ?
Tout.
Oui, finalement tout, car mon objectif dans ce blog n'est pas la formulation d'une critique architecturale mais une approche bien plus modeste qui serait celle de l'expérience de l'image. Rien n'oppose l'un à l'autre, je crois même que la première à besoin de la seconde mais mon aventure n'est pas là. Mes visions sont mes positions.
Je mets tout dans l'œil devant les images et je mets le corps entier dans les promenades. Ce qui est certain c'est que j'aime très souvent des images de bâtiments avant même de les avoir pratiqués. C'est comme ça que j'ai aimé Sainte Bernadette du Banlay.
Et on peut voir aujourd'hui encore plus qu'hier, des bâtiments que l'on pourrait penser construits pour les images qu'ils vont produire (Gehry à Bilbao) et j'avoue que j'aime ça !
Alors parfois il y a des rudesses et certaines constructions peuvent apparaître pauvres dans leurs images. C'est pour cette raison qu'il faut toujours en dernier ressort aller voir, marcher, sonner, sentir l'architecture.
La carte postale est une édition du Pavillon de l'Arsenal, imprimée par Image'in.
Cette carte nous informe du Maître d'ouvrage : la Ville de Paris, de l'architecte : Claude Parent, de l'entreprise : Fougerolle.

الثلاثاء، 6 يناير 2009

9 ans depuis le futur

Je me plie à la règle des vœux.
Je m'y plie bien volontiers. J'ai cherché ce que je pourrais bien vous donner comme carte postale pour exprimer à tous mes lecteurs mes meilleurs vœux pour 2009.
Vous avez compris, fidèles lecteurs qu'en ce moment j'ai mis mon énergie dans le sauvetage du supermarché de Sens dessiné par Monsieur Claude Parent.
J'ai donc cherché quelque chose qui pourrait s'y attacher. Et voilà que j'achète ce livre "Les Pionniers de l'espace" de Steven Caldwell.
Ce livre qui est par son titre une définition même de l'architecte est une vraie madeleine pour moi.
Mon père lisait énormément de science-fiction, je dis bien énormément.
Ses livres avaient souvent en couverture d'incroyables images de cités du futur, engins spatiaux et utopies d'anticipation littéraire. Je me régalais de ces images bien plus que des textes, je fus un lecteur tardif de ce genre de littérature mais j'ai gardé tous les livres de mon père et de temps en temps je glisse mes yeux sur les mots qu'il a lu. Je revois les couvertures. Je n'avais jamais réellement fait le rapprochement entre ce type de dessins et celui de l'architecture prospective. Mais c'est pourtant, pour moi, je crois bien une évidente source de mon goût pour l'architecture de masse, de villes entières de paquebots de béton : la démesure.
Pardonnez moi Monsieur Parent de vous associer à ce type de dessin mais ils se mêlent dans mon esprit avec les vôtres dans la jubilation de voir de temps en temps certains d'entre eux s'établir sur le sol de notre Terre !
J'invoque Jules Verne, Georges Lucas, Stanley Kubrick, ArchiGram, ArchiZoom, Coop Himmelblau, l'ensemble de mes rêves et bien évidemment Monsieur Parent.
Alors je crois qu'ainsi je peux faire plaisir à beaucoup de mes lecteurs et lectrices :
Julien Donada des lieux de tournage
Joachim y trouvera des souvenirs de cinéma
Benoît des mondes à explorer
Claude des points de vue perspectifs
Dominique M. une fantaisie minérale
Alan un peu de son enfance voyageuse
Sylvain des motifs à photographier
Pour tous les autres le plaisir de me voir encore un peu divaguer...
Et vous, Monsieur Parent j'espère qu'une nouvelle fois vous y trouverez mon hommage respectueux. Le dossier supermarché de Sens avance un peu.
Merci à tous de votre fidélité pour cette année 2008 achevée.
Belle année 2009 à Tous.
"Les pionniers de l'espace"
Steven Caldwell
éditions Fernand Nathan
1980
"Entrelacs de l'oblique, Claude Parent Architecte"
éditions du Moniteur
1981
la Vague noire, maquette en bois


les Rampes en croix, "les croisées"


dessin de Chris Moore

الاثنين، 5 يناير 2009

Sens Oblique, étape 1

Aujourd'hui j'ai modestement tenté d'en savoir un peu plus sur le classement du supermarché de Sens de Monsieur Parent.
La mairie de Sens m'a confirmé qu'il n'existait pour le moment aucune mesure prise à son égard et me renvoie vers les Bâtiments de France à Auxerre. J'ai tout de même envoyé un courrier à Monsieur le Maire de Sens pour l'informer de l'intérêt de ce bâtiment pour sa commune. Nous verrons comment cela rebondit.
Demain j'appelle le Service Départemental de L'Architecture et du Patrimoine de l'Yonne. Il me confirmeront sûrement la position de la mairie mais me donneront peut-être des moyens pour faire avancer les choses.
J'ai acheté une imprimante, elle fonctionne bien, je crois que je vais en avoir vraiment besoin...
J'ai besoin de vous également.

الأحد، 4 يناير 2009

en lisant Claude Parent, Nevers.

J'ai déjà tellement publié sur Nevers que j'hésite à vous remettre une des images de cette magnifique église de Sainte Bernadette du Banlay.
Mais je poursuis ma lecture et les pages écrites par Monsieur Parent sont magnifiques. Je crois qu'il faut que vous les lisiez :






الجمعة، 2 يناير 2009

Sens, G.E.M, un supermarché à sauver


Comme vous venez de le lire Jean Nouvel a travaillé sur le supermarché G.E.M de Sens.
Mes dernières conversations avec Monsieur Claude Parent révèlent un véritable attachement de sa part à ce bâtiment exceptionnel dont il est l'architecte. J'ai eu la chance de le visiter il y a peu (deux ou trois ans) et il était encore en très bon état constructif, à peine camouflé par une peinture et des accroches commerciales. Il appartient je crois au groupe Carrefour qui a malheureusement totalement transformé le supermarché Reims-Tinqueux également de Monsieur Parent.
Sens est un chef d'œuvre.
Ce n'est pas une affirmation personnelle mais la réalité d'une histoire de l'architecture française.
De par son programme, son application de la fonction oblique, sa puissance formelle et conceptuelle et la rareté de son type il devrait être protégé tout comme le supermarché de Ris-Orangis.
Je ne sais pas si actuellement quoi que ce soit est prévu en ce sens, et je vais m'employer à le savoir mais je demande à toutes les bonnes volontés de se joindre à moi pour une action de sauvegarde.
Je ne suis rien seul.
Je n'ai rien pu faire pour sauver Reims-Tinqueux, je n'ai rien pu faire pour sauver La Rafale à Reims également, je n'ai rien pu faire pour sauver le Casino de Royan alors je vais tenter là quelque chose.
Je suis à votre écoute pour des modes d'actions et ce blog sera une liaison entre nous.
Je propose que cette énergie prenne le nom de "Sens Oblique".
Dès lundi je me mets au travail, qui m'aime me suive...
Voici quelques images du supermarché hier et aujourd'hui. Celles d'hier sont tirées de la revue "Architettura" N°208 de 1973, revue italienne à laquelle je tiens beaucoup car offerte par Marc Hamandjian. Les photographies d'aujourd'hui sont de Claude Lothier.







en lisant Claude Parent, de Le Corbusier à Jean Nouvel




Quelques pages plus loin.
Voilà qui est très intéressant. Dans un long chapitre nommé "les collaborateurs" dans lequel Monsieur Claude Parent nous éclaire sur le fonctionnement de son agence et la répartition des tâches à l'intérieur de celle-ci, il explique son expérience de jeune architecte au sein d'équipes comme celle de Le Corbusier et donne son opinion sur la manière de faire travailler à son tour les jeunes architectes qui le rejoignent.
En quelques lignes on passe de Le Corbusier à Jean Nouvel !
La question de la filiation est une belle question. Pour Claude Parent il est question de fusion. Il faut que l'équipe travaille comme un seul homme, connaissant tous l'ensemble du projet, ayant tous le droit à l'écoute donc le droit à la parole. Mais on sent également une grande exigence, la nécessité aussi dans ce mouvement fusionnel d'une grande force de caractère. Il faut donner de la voix en attendant son tour. Je crois qu'on pourrait dire que le collaborateur a le devoir de creuser le sillon (profond autant qu'il veut) mais ne doit pas en inventer un autre. C'est être créatif (le devoir) dans l'absorption complète du concept du patron. Et c'est dur. Ce qui vaudra quelques départs mais ceux-ci sont presque désirés comme une preuve de la compréhension mutuelle et de la filiation. C'est une méthode pédagogique assez droite et claire mais aussi douloureuse. Cela permet, pour le jeune collaborateur de mesurer son véritable attachement à sa liberté et donc à sa propre création. Si je ne peux pas faire ici ce que je suis c'est bien que je suis.
Ce qui est étrange c'est ma joie incroyable de voir le nom de Jean Nouvel dans ce livre. Rappelons que nous sommes en 1975... Et que si je savais l'attachement de l'un pour l'autre, il est remarquable que Claude Parent le cite d'emblée dans sa première autobiographie !
Je vous invite à lire la préface que nous donne Jean Nouvel dans le livre "Claude Parent vu par"
qui commence par ces mots : " Je ne lui dois rien".
C'est cet écart et la possibilité de pouvoir formuler de telles sentences avec ironie mais aussi avec lucidité qui fondent ce type de rapport humain. Le reste de la préface pourrait être la définition du mot générosité...
Alors Monsieur Parent nous indique qu'il a travaillé sur Rezé avec Le Corbusier mais là ma collection a un trou. (Marseille oui, Berlin oui, Firminy oui, Rezé non)
Alors je le comble avec deux cartes postales de constructions de Monsieur Jean Nouvel. Il s'agit de l'institut du Monde Arabe à Paris. J'ai découvert Jean Nouvel par ce bâtiment. Il reste l'exemple puissant d'une compréhension d'un site, de l'invention d'un lieu. J'aurais aimé avoir une carte postale du supermarché GEM de Sens mais je n'en ai point. Il faudra pour le sauver en éditer ?


Ces deux cartes postales sont éditées par l'Institut du Monde Arabe. il s'agit de la façade sud et de la faille. Mot provenant d'un vocabulaire commun avec Monsieur Parent.
Je vous rappelle les ouvrages cités :
Claude Parent vu par...
éditions le Moniteur mars 2006
le fou de la diagonale Claude Parent, architecte
Béatrice Simonot
éditions Acte Sud septembre 2008
Claude Parent architecte
par lui-même
éditions Robert Laffont 1975

الأربعاء، 31 ديسمبر 2008

en lisant Claude Parent, Ronchamp


Je poursuis l'exercice de lecture.
C'est aussi pour moi l'occasion de m'apercevoir que j'ai peu publié sur Le Corbusier. Il ne s'agit pas d'un manque d'intérêt mais c'est un peu le hasard des publications. J'ai surtout parlé du Maître au travers des autres architectes essayant ainsi de mesurer une influence.
Mais voici que Claude Parent en parle directement et je le suis. Il s'agit ici de Ronchamp car il n'est pas difficile d'y voir une influence pour Nevers.
Il s'agit du même programme, une église, il s'agit aussi d'un tournant important pour les deux architectes et formellement il s'agit aussi de magnifiques roches fracturées posées là indifférentes et fortes.
Monsieur Claude Parent nous apprend que grâce à son frère il a pu à quinze ans rencontrer le travail du Maître au travers de ses livres.
Il nous dit aussi qu'il a dû rompre avec l'héritage d'une manière dure mais vraie en n'oubliant jamais l'influence de ce dernier. (C'est avant tout peut-être avec les héritiers qu'il a dû rompre).
Mais comment ne pas faire le chemin de Ronchamp à Nevers ?
Comment ne pas voir dans la complète et totale compréhension des programmes et leur réinvention, comment ne pas sentir dans la masse protectrice formant à elle seule le site, comment ne pas saisir dans le cheminement même de l'extérieur vers l'intérieur et dans sa révélation lumineuse comment ne pas être troublé par l'inquiétude que procure une forme lorsqu'elle n'est pas immédiatement identifiée à son programme, comment donc ne pas voir le rapprochement strident entre Nevers et Ronchamp ?
L'un, sculpteur cherchant l'imitation obscure d'une coque de crabe, comme si le réel devait l'expliquer et l'autre sur une pression amicale trouvant sa référence dans l'impossible rachat d'une architecture de guerre, ces deux monuments profondément autres, se refusant totalement à tous rapprochements identitaires (faire "église") trouvent une expression formelle grâce également au lyrisme du verbe. Il s'agit aussi d'œuvre du langage.
La grotte sert d'abri au crabe et ici l'histoire nous dit le crabe sert d'abri à la grotte. Des carapaces.
Il faut dire que j'aime aussi de Sainte-Bernadette-du-Banlay sa manière de tenir et l'image qu'elle propulse. Cette église n'est pas un bunker. C'est une image de bunker. Il s'agit, je crois, d'un point de vue constructif de deux coquilles de béton séparées l'une de l'autre et formant une épaisseur pour les yeux, des fentes pour les corps et la lumière et une fragilité bien cachée. Je me délecte de cette idée. Faire masse, abri avec si peu de matière et leurrer l'œil c'est réjouissant.
J'ai arpenté des pentes et des obliques chez Le Corbusier à la Villa Savoye et à la Villa La Roche par exemple. Des promenades courtes mais où le corps fléchit sous l'angle. La promenade y est belle parce qu'on y redécouvre sa pesanteur sous l'inclinaison plane désespérément d'aile. Je l'ai redécouvert chez Libeskind dans l'incroyablement touchant petit musée juif de Copenhague où le sol et les murs se penchent, vous penchent...
Mais de Monsieur Libeskind nous en reparlerons plus tard.



Voici donc la grotte corbuséenne.
Cette photographie de Marcel Blanc éditée en carte postale nous montre des courbes tombant du toit vers le visiteur, une vague lourde retenue on ne sait comment, la blancheur des murs contrastant avec les gris du ciel et la modestie des ouvertures ressemblant à des portes de buffets massifs. Il fait jour à l'intérieur et la matière granuleuse accroche ce jour. Les bancs d'une si grande simplicité sont des reposoirs à peine équarris mais parfaitement dessinés sur le corps.



Retournons-nous et laissons nous prendre par la soudaine luminosité en faisceaux. Surtout voyons comment la fente entre le toit et le mur du fond semble un coup de rasoir produit par l'énergie lumineuse. Quelle idée ! Tout semble si lourd et tout flotte pourtant sur un rai de lumière ! L'incision dit bien soudain la légèreté du béton en voile, c'est comme une tenture posée sur de minuscules plots.
Regardez bien le sol, regardez bien sa pente douce infléchie. Rien ici ne dérange l'impétueuse nécessité de conduire le pélerin vers l'autel. Il glisse.
Mais il devra remonter légèrement sans violence pour atteindre l'autel. Tout doucement. Monsieur Parent a pratiqué cette pente c'est certain, il l'a vécue, l'a suivie. Il s'agit là d'une carte postale éditée par N.D. du Haut et une photographie des Studios Hubert.
Sortons de là, et sous l'œil de Lucien Hervé à ras du sol, le ciel égal donne toute la force à ce toit que j'ai toujours trouvé très... évocateur.
J'ai déjà proposé un cliché de Lucien Hervé sur ce blog. Il fait toujours venir le sol. J'aime le tas de terre à gauche, petite colline inévitable au cadrage ?
Non, affirmation des volumes, respect d'un état du lieu.
La carte est éditée par la société immobilière de N.D. du Haut et fut expédiée en 1957.
Au dos du numéro 1-2 de "l'Art Sacré" consacré à Ronchamp une photographie nous montre un homme arpentant le toit. Il est sur une colline douce et descend cette pente, sentant sûrement le poids de son corps le précipitant vers le sol. Dynamisme retrouvé du pélerin grimpant la butte vers l'église, oblique finale celle de la couverture...
C'est avec celui de l'église de Royan, l'un des toits que je rêve de pratiquer !



En lisant Claude Parent, le Goetheanum



J'ai commencé à lire l'autobiographie de Monsieur Claude Parent.
C'est lui qui me l'a envoyé. Oui. Merci.
Alors au fil des pages et des références, je vais tenter de trouver dans ma collection des cartes postales en rapport direct avec ce qu'il nous raconte.



Je commence avec cette carte postale un peu défraîchie du Goetheanum de Rudolf Steiner. Il s'agit en fait du second Goethaneum de l'architecte, le premier fut détruit par un incendie. Je vous signale que je n'ai jamais pour ma part visité ce bâtiment autrement que par mes yeux gourmands sur une carte postale en 10X15cm.
Je crois qu'on peut ainsi, par un phénomème de sidération, pourtant bien comprendre la raison de son inclinaison naturelle.
D'abord une masse incroyable, un caillou, un minéral à facettes un peu comme l'agrandissement d'une de ces belles pierres préhistoriques à facettes. Eclatée avec tact aux arêtes. Puis dans cette masse des ouvertures étrangement géométriques, planes et orthogonales alors que les alentours du bâti ne sont que courbes. Contraste.
Voyons aussi que les ouvertures, les percées sont occultées ! La transparence ici, sur cette image est bannie. On entre, semble-t-il par une fente au sol qui malgré sa finesse résiste au poids qui l'assiège. (La grotte ?)
L'ensemble est symétrique. La sensation étrange que le bâtiment nous regarde un peu menaçant comme dans les films expressionnistes. (Pas comme la villa Arpel !)
J'aime voir les minuscules menhirs sur le côté du chemin, petites pierres égarées de leur source, rangées comme des petits soldats sous les ordres de la machine-architecture. Ironie des jardiniers ?
La matière du béton est ici superbe, granuleuse sur le toit semble-t-il et lissée à peine sur les flans de la bête laissant deviner les planches du coffrage. Géniaux coffreurs qui fabriquent de tels moules, chantons leur des louanges !
Mettons les Blockhaus (Bunker), Ronchamp et Sainte Bernadette du Banlay les uns à côté des autres et il ne restera plus qu'à transporter le Goetheanum pour que la filiation soit complète !
Alors ces jalons articulent une phrase architecturale qui nous forme. Pourquoi ai-je finalement tiré cette carte postale de sa boîte à chaussures si dans une vibration impulsive, il n'était possible de rapprocher ce bâtiment de mon univers de formes. Cette puissance là est fondatrice et il est toujours signifiant de saisir qu'on ne la vit pas seul mais qu'elle est accompagnée par nos prédécesseurs dont le travail ouvert laisse filtrer leurs références. Leur histoire devient un peu la nôtre, nous n'avons qu'à nous souvenir et à tirer encore un peu le fil qui nous relie à eux.
La carte postale est une édition Photoglob.
Le livre de Claude Parent est une édition Robert Laffont, 1975.
Pour en savoir plus sur Rudolf Steiner si étrange et complexe personnage aux théories éducatives incroyables voyez là :
http://www.ibe.unesco.org/fileadmin/user_upload/archive/publications/ThinkersPdf/steinerf.pdf


الاثنين، 29 ديسمبر 2008

de l'oblique sans Claude Parent



Je quitte un peu mes cartes postales.
J'ai la chance d'avoir des réponses à des questions alors je vous les fais partager d'autant plus que les réponses proviennent de Monsieur Claude Parent lui-même, ne nous en privons pas.
Je connais cette image publiée dans un livre intitulé "l'art d'installer les chambres d'enfants" aux éditions Alta Marie-Claire en 1979.
La référence à la fonction oblique saute aux yeux et pourtant aucune mention de Monsieur Claude Parent. Le titre de la page " les plans obliques" et le papa architecte de l'article laissent croire à une intervention du grand architecte.
Eh bien non !
Claude Parent ne connaît pas ce suiveur obliquonaute mais ne s'en offusque pas. J'étais si sûr de moi... Mais alors qui est ce papa architecte qui a construit ces plans obliques pour ses enfants ? On remarque si on observe bien que l'ensemble est construit dans un studio et non réellement dans un appartement. Il s'agit donc soit d'un modèle pris dans le réel, un appartement qui a existé et qui fut ainsi transformé soit d'une inclinaison (oui) à suivre la fonction oblique d'un architecte très au fait de l'œuvre de Monsieur Parent ayant trouvé là l'occasion de tester le modèle.
Reste le témoignage d'une influence qui aurait pu s'ancrer en proximité plus forte en nommant la source ! Alors si parmi mes lecteurs figurent l'un de ces enfants ou bien le papa architecte qu'il nous en disent plus sur cette expérience car on peut aussi se réjouir qu'il soit si simple de transformer n'importe quelle chambre en fonction oblique.
Merci à Monsieur Parent de répondre à mes questions.
Merci à mon frère Christophe pour ce document figurant dans sa collection d'ouvrages de décoration et de design.

السبت، 20 ديسمبر 2008

conte de Noël

Ce matin, je ne me suis pas lavé.
Ce matin, je suis vite allé à la Poste où m'attendaient deux colis. Vous allez comprendre.
Mercredi, je reçois un message de Monsieur Claude Parent.
Oui, chers amis lecteurs, oui chères amies lectrices.
Monsieur Claude Parent.
Il m'écrit à moi. Oui.
Il me dit des choses si gentilles, si claires et si simples que j'en suis encore tout ému.
Puis il me promet un colis pour Noël. Oui. Pour Noël. Et puis je vais au Mans enseigner. Je raconte à qui veut l'entendre que, oui, Monsieur Claude Parent m'a écrit. Mes élèves et mes amis qui me connaissent bien savent à quel point c'est important pour moi. Ils le voient sur mon visage. Alors vendredi soir lorsque je découvre un avis de passage de la Poste je comprends de quoi il s'agit.
Alors ce matin, j'enfile vite des affaires propres et je fais la queue à la Poste, on me remet deux colis : une grosse enveloppe et un carton.
Dans l'enveloppe tout ça :

Chaque livre est dédicacé avec un petit mot (je garde ça pour moi). Quelle générosité ! Quelle simplicité de la part de Monsieur Parent ! Il aura aussi son envoi. J'ai plein de choses à lire, à apprendre et à rêver.



Deux cartes postales viennent justifier cette relation nouvelle. Elles seront mes piliers, le point central de ma collection. Elles nous montrent la maquette N°1 de Sainte Bernadette du Banlay datée de 1966. La photographie est de Martin-Gambier et c'est édité par le Fonds Régional d'Art Contemporain du Centre. Voyez ce que j'en dis le 9 novembre 2008.
L'autre colis est l'intégrale des films de Jacques Demy offerte par Claude. Oui. Il y a des matins comme ça. Je vais revoir Marcello Mastroianni enceint, je vais revoir Peau d'âne et les Demoiselles, je vais découvrir Lady Oscar...
Mais qu'allons faire de tout cet amour, il y en a, il y en a tant sur terre...
Merci Claude
Merci Claude aussi, je me permets.
Non vraiment, je rêve.
Je vais prendre une douche et me réveiller.
N'oubliez pas d'aller vite voir "Les plages d'Agnès" le dernier film d'Agnès Varda. C'est superbe, émouvant et éclairant. Allez-y vite !

السبت، 25 أكتوبر 2008

bunker et culture et couleurs



Il semble que la Maison des Jeunes de la Culture de Troyes eut droit à une iconographie riche. Voici en effet une nouvelle découverte : il s'agit d'une carte éditée par Combier en 1965. Elle nous montre la construction de Claude Parent en couleur sur un papier mat ce qui est rare pour des cartes postales. L'image possède un grain très présent. On remarque immédiatement que la maison présente sur le fond de la carte présentée au début du mois a disparu et que des grilles sont toujours posées devant l'édifice ce qui peut laisser penser à son inachèvement. Une voiture est étrangement encastrée sous le bâtiment. La petite Simca Aronde bicolore donne à tout cela une ambiance très années 60.
C'est beau.
Surtout ce volume aveugle très mystérieux qui contraste de façon remarquable avec les baies vitrées. Cela fait pas moins de trois images pour Troyes : le compte est bon ?

الأحد، 19 أكتوبر 2008

une thèse



Vous connaissez mon intérêt pour les églises modernes et contemporaines.
Je viens de recevoir un message de Monsieur Pierre Lebrun qui a écrit une thèse intitulée " Le complexe du monument : les lieux de culte catholique en France durant les trente glorieuses".
C'est passionnant !
On y retrouve beaucoup des bâtiments dont j'ai eu le plaisir de vous parler et pleins d'autres informations sur ce sujet : la question de la représentation architecturale du lieu de culte y est particulièrement appuyée. On voit ainsi apparaître des églises gonflables, enterrées, démontables, transformables et mobiles (dans des camions par exemple) et même des églises quasi-virtuelles comme dissoutes dans les villes portées uniquement (et c'est sûrement l'un des lieux les plus touchants) dans les cœurs des paroissiens et des prêtres.
C'est étonnant et cela tente également de renouer avec une certaine forme de nomadisme des fondateurs de l'église chrétienne. Cela passionnera tout le monde car il s'agit là de la question de la forme d'un lieu lié à un programme et dépasse de loin la question de la croyance de chacun.
Les exemples vont de Claude Parent et Virilio en passant par Jean Prouvé, Yona Friedman et Hans-Walter Müller (église gonflable) et tant d'autres.
On comprend un peu mieux les formes parfois discrètes, parfois ingrates de ces lieux de culte et comment un désir d'œcuménisme peut entraîner à une forme banalisée, pauvre, tentant de mettre en avant le cérémonial et la communion des fidèles (de toutes obédiences) bien plus que la richesse baroque et monumentale d'une construction. Un désir de retour à l'origine pastorale qui essaie de suivre une époque de mobilité et de transformations perpétuelles. Une simplicité retrouvée se fondant dans des lieux difficiles.
Il faut que vous alliez lire et voir.
Je vous propose deux cartes postales du centre œcuménique de Chamrousse par les architectes Jomain et l'atelier Berthe-Chappis-Jomain. Les sculpteurs sont Szekely (dont il faudra faire un article un jour), Pirot et Gaillard. Il s'agit d'une édition Combier en Cimcrome par Michel Voisin, photographe.
J'ai choisi ce bâtiment parce qu'il en est question dans cette thèse, parce que les cartes postales sont de grande qualité parce que ce bâtiment par le déploiement des pans de verre s'ouvre sur la nature offrant ainsi une modularité importante et un certain regard sur le paysage devenant à son tour le lieu même du culte. J'aime la franchise (la brutalité ?) des matériaux, le dessin élégant et l'inscription dans le paysage.
La thèse de monsieur Pierre Lebrun est lisible ici :

http://demeter.univ-lyon2.fr/sdx/theses/lyon2/2001/lebrun_p

الاثنين، 13 أكتوبر 2008

carte postale en rafale

Si vous êtes fidèle à ce blog, vous connaissez mon attachement pour "La Rafale" de Reims Croix-Rouge détruite depuis peu.
Ce magnifique exemple de brutalisme à la française n'a pas résisté à la puissance politique de la restructuration des quartiers dits difficiles. L'architecture est coupable, on le sait c'est la théorie française, cela permet de ne rien penser d'autre...
Bien.



Voici une carte postale multiple éditée par La Cigogne qui nous montre le magnifique bâtiment au temps de sa gloire. Il est entouré d'autres vues du quartier et notamment de la faculté pour laquelle nous nous étions déplacés et qui nous permit de découvrir "La Rafale". On peut aussi percevoir la place très dessinée et les extraordinaires jeux-sculptures du quartier. La place doit aujourd'hui être détruite également. Pour ce qui est des jeux, ils n'existaient déjà plus lors de notre visite.
N'oubliez pas d'aller revoir les articles du 27 août 2007.
Pour les rémois, je suis à la recherche de cartes postales du supermarché de Reims-Tinqueux dessiné par... Claude Parent !

الأحد، 12 أكتوبر 2008

bunker et culture


Grâce à cette carte postale, je peux revenir sur cette Maison des Jeunes et de la Culture de Troyes dessinée par Claude Parent. Après des demandes auprès de la Ville de Troyes et des informations données par Julien Donada, nous savons maintenant que ce bâtiment fut détruit malheureusement.
La carte est assez sinistre, on peut se demander pourquoi ce choix éditorial d'un noir et blanc réchauffé façon héliogravure. Pourquoi ne pas être allé chercher un point de vue plus informatif sur la géométrie de la construction comme le timbre a su le faire ?
En même temps, cette manière d'écraser la petite maison qui est derrière, c'est assez jouissif. C'est implacable . Il s'agit donc encore d'une carte postale First Day Cover éditée spécialement pour l'émission du timbre, une carte postale 1er jour avec le tampon étrange qui nous indique premier jour Paris. Pourquoi pas Troyes ? N'y a-t-il pas eu de bureau de poste temporaire dans cette ville pour cette occasion ? En tout cas pour la date c'est simple : 10 avril 1965. L'architecte est nommé. On sait également que la photographie fut prise pour "l'Est Eclair" à Troyes, le journal local j'imagine, qui céda ses droits à l'éditeur. Il s'agit du point de vue d'un journaliste (?) et non de celui d'un photographe pour éditeur de cartes postales. Il doit exister des cartes postales de cette Maison des Jeunes et de la Culture éditées par Combier, Lyna ou la Cigogne... Cherchez bien.
Si vous avez des documents ou si vous avez des souvenirs à nous raconter sur ce bâtiment merci de nous laisser un commentaire.


Je poursuis en manière de blague, avec deux cartes postales de la ligne Maginot, que Monsieur Virilio a dû arpenter pour écrire "Bunker Archéologie" dont je conseille à tous la lecture. Pour ma part je n'y ai accès que grâce à la magnifique bibliothèque de l'École des Beaux-Arts de Rouen qui en possède un exemplaire, que je consulte de temps en temps. Même si Monsieur Virilio s'attacha plus sûrement au mur de l'Atlantique il m'est amusant de les rapprocher ici.
On remarquera un vocabulaire formel commun à Sainte Bernadette du Banlay de Nevers, masses arrondies percées d'ouvertures rares et enclavées. Pour le bunker, faire glisser les tirs et ne pas offrir d'accès, pour Nevers jouer la grotte de Lourdes et l'isolement interne de l'exercice de la Foi. Pour les deux constructions, il semble qu'il soit possible de les contourner lors d'une offensive éclair même si pour cette question stratégique, il semble que Sainte Bernadette s'en sorte bien mieux...
Il faut croire que l'image du bunker est bien plus efficace que le bunker lui-même. Il est aujourd'hui plus difficile de pénétrer (excusez-moi) Sainte Bernadette que les bunkers du Mur de l'atlantique, tous ouverts au grand vent maritime. Leur poids est leur ennemi : ils s'enfoncent tout seuls. Sainte Bernadette, elle, reste érigée, puissante et protégée. C'est l'histoire.
Ne pas oublier d'aller voir les articles du 8 et 10 aôut 2008 et également celui du 17 juillet 2007.
Les cartes postales de la lignes Maginot sont éditées par Europ.

الأحد، 5 أكتوبر 2008

D'autres blocs pour l'Afrique




Continuons à feuilleter le livre.
Je vous avais promis du lourd...
Regardez ce magnifique projet d'André Bloc et Claude Parent d'un théâtre pour Dakar au Sénégal. Une pierre énorme, creuse, contient le théâtre. La radicalité que peut produire la poésie parfois...
Et puis encore une forme minérale, pleine, en courbe pour une église d'Alger par Andrault et Parat. La maquette nous laisse à penser une transparence totale laissant apparaître la membrane de la construction.
Malheureusement aucun de ces projets ne fut réalisé. Donc peu de chances de tomber sur des cartes postales...
Le livre : Architecture Nouvelle en Afrique par Monsieur Kultermann aux éditions Prismes.