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الاثنين، 20 أكتوبر 2008

encore un peu d'église





Puisque les choses se croisent poursuivons avec encore un peu de religion et d'architecture.
Samedi après-midi, en me rendant à la Galerie du Bellay qui propose une exposition passionnante de vidéos et d'œuvres choisies judicieusement dans le fond du F.R.A.C de Haute Normandie articulant la question du cinéma dans l'art contemporain, je me suis arrêté à l'église de Mont-Saint- Aignan.

Il s'agit de Notre-Dame de Miséricorde au centre Colbert dont vous avez déjà eu connaissance. Je suis passé devant cette église un peu en retrait des dizaines de fois en me jurant de m'y arrêter : c'est fait. Il faut dire que j'étais motivé par la découverte successive de deux cartes postales la représentant et c'était sans doute un excellent déclencheur.
Elle est comme beaucoup de ces églises de cette époque se voulant moderne et discrète, contemporaine mais pas effrayante. Il faut dire qu'à Rouen le syndrome Arretche était fort et les architectes devaient se méfier de formes par trop voyantes. Elle est modeste et cherche surtout à rassurer et inviter le fidèle sous son énorme toit d'ardoise évoquant les églises des villages normands. La modernité est surtout présente par une géométrie du toit accusant la pointe et la pente et par des vitraux en dalles de verre si typiques de cette période et qui sont parfois réussis parfois ratés. Ici c'est de qualité, laissant une belle lumière pénétrer le bâtiment tout en offrant des pierres et des verres superbes dans lesquels l'œil découvre des fossiles et des bulles colorées. La monumentalité est tout entière dans le chapeau de l'entrée accueillant et ouvert. Le sol en pente vers le chœur permet de bien lire la charpente en lamellé-collé, là aussi matériau de cette époque.

Jeu de volumes, croisements des bois offrent un rythme et un jeu plastique agréable et un volume à l'echelle humaine. On est un peu étonné par le resserrement vers le chœur qui s'écrase en pointe sous la descente du toit. De chaque côté de l'entrée et sous l'orgue on trouve à droite une tout petite pièce avec le bénitier et à gauche une identique pour les confessions.

Les chaises Mullca 510 tournent le dos aux pénitents pris dans un coin sous un aquarium de verre...
Un baptême se préparait ce qui me valut le droit d'entrée et un large sourire du prêtre. C'est déjà ça.


La carte postale de l'intérieur de l'église nous montre celle-ci en plein fonctionnement avec une messe. C'est très rare de choisir ce moment pour une carte postale et je me demande bien pourquoi d'ailleurs. On perçoit bien la charpente, bien mieux que sur mes clichés et le point de vue est placé sur la mezzanine (quel nom autre ?) de l'orgue. C'est l'hiver sûrement car tout le monde est habillé chaudement. Oui je sais en Normandie l'hiver commence au mois de septembre et finit en mai... Peut-être qu'un fidèle de la paroisse se souvient de ce jour (le jour du sacrement de l'église ?) Une date est visible encore au crayon sur les charpentes, le 9 avril 1973. Mais l'église daterait de 1970.

Une autre marque attira mon attention, une marque de charpentier je crois, placée sous une poutre. Si vous connaisez ce signe... Expliquez-moi. Cette carte est une édition Eurolux photographie de Candelier Brumaire.

L'autre carte aux éditions Kettler, en couleurs naturelles nous montre l'entrée et son toit en casquette. Derrière les pans de verre un peu sombres, l'orgue dort.
Les architectes sont Messieurs Lefebvre et Rauscher.

الأحد، 19 أكتوبر 2008

une thèse



Vous connaissez mon intérêt pour les églises modernes et contemporaines.
Je viens de recevoir un message de Monsieur Pierre Lebrun qui a écrit une thèse intitulée " Le complexe du monument : les lieux de culte catholique en France durant les trente glorieuses".
C'est passionnant !
On y retrouve beaucoup des bâtiments dont j'ai eu le plaisir de vous parler et pleins d'autres informations sur ce sujet : la question de la représentation architecturale du lieu de culte y est particulièrement appuyée. On voit ainsi apparaître des églises gonflables, enterrées, démontables, transformables et mobiles (dans des camions par exemple) et même des églises quasi-virtuelles comme dissoutes dans les villes portées uniquement (et c'est sûrement l'un des lieux les plus touchants) dans les cœurs des paroissiens et des prêtres.
C'est étonnant et cela tente également de renouer avec une certaine forme de nomadisme des fondateurs de l'église chrétienne. Cela passionnera tout le monde car il s'agit là de la question de la forme d'un lieu lié à un programme et dépasse de loin la question de la croyance de chacun.
Les exemples vont de Claude Parent et Virilio en passant par Jean Prouvé, Yona Friedman et Hans-Walter Müller (église gonflable) et tant d'autres.
On comprend un peu mieux les formes parfois discrètes, parfois ingrates de ces lieux de culte et comment un désir d'œcuménisme peut entraîner à une forme banalisée, pauvre, tentant de mettre en avant le cérémonial et la communion des fidèles (de toutes obédiences) bien plus que la richesse baroque et monumentale d'une construction. Un désir de retour à l'origine pastorale qui essaie de suivre une époque de mobilité et de transformations perpétuelles. Une simplicité retrouvée se fondant dans des lieux difficiles.
Il faut que vous alliez lire et voir.
Je vous propose deux cartes postales du centre œcuménique de Chamrousse par les architectes Jomain et l'atelier Berthe-Chappis-Jomain. Les sculpteurs sont Szekely (dont il faudra faire un article un jour), Pirot et Gaillard. Il s'agit d'une édition Combier en Cimcrome par Michel Voisin, photographe.
J'ai choisi ce bâtiment parce qu'il en est question dans cette thèse, parce que les cartes postales sont de grande qualité parce que ce bâtiment par le déploiement des pans de verre s'ouvre sur la nature offrant ainsi une modularité importante et un certain regard sur le paysage devenant à son tour le lieu même du culte. J'aime la franchise (la brutalité ?) des matériaux, le dessin élégant et l'inscription dans le paysage.
La thèse de monsieur Pierre Lebrun est lisible ici :

http://demeter.univ-lyon2.fr/sdx/theses/lyon2/2001/lebrun_p

الاثنين، 13 أكتوبر 2008

carte postale en rafale

Si vous êtes fidèle à ce blog, vous connaissez mon attachement pour "La Rafale" de Reims Croix-Rouge détruite depuis peu.
Ce magnifique exemple de brutalisme à la française n'a pas résisté à la puissance politique de la restructuration des quartiers dits difficiles. L'architecture est coupable, on le sait c'est la théorie française, cela permet de ne rien penser d'autre...
Bien.



Voici une carte postale multiple éditée par La Cigogne qui nous montre le magnifique bâtiment au temps de sa gloire. Il est entouré d'autres vues du quartier et notamment de la faculté pour laquelle nous nous étions déplacés et qui nous permit de découvrir "La Rafale". On peut aussi percevoir la place très dessinée et les extraordinaires jeux-sculptures du quartier. La place doit aujourd'hui être détruite également. Pour ce qui est des jeux, ils n'existaient déjà plus lors de notre visite.
N'oubliez pas d'aller revoir les articles du 27 août 2007.
Pour les rémois, je suis à la recherche de cartes postales du supermarché de Reims-Tinqueux dessiné par... Claude Parent !

الأحد، 12 أكتوبر 2008

bunker et culture


Grâce à cette carte postale, je peux revenir sur cette Maison des Jeunes et de la Culture de Troyes dessinée par Claude Parent. Après des demandes auprès de la Ville de Troyes et des informations données par Julien Donada, nous savons maintenant que ce bâtiment fut détruit malheureusement.
La carte est assez sinistre, on peut se demander pourquoi ce choix éditorial d'un noir et blanc réchauffé façon héliogravure. Pourquoi ne pas être allé chercher un point de vue plus informatif sur la géométrie de la construction comme le timbre a su le faire ?
En même temps, cette manière d'écraser la petite maison qui est derrière, c'est assez jouissif. C'est implacable . Il s'agit donc encore d'une carte postale First Day Cover éditée spécialement pour l'émission du timbre, une carte postale 1er jour avec le tampon étrange qui nous indique premier jour Paris. Pourquoi pas Troyes ? N'y a-t-il pas eu de bureau de poste temporaire dans cette ville pour cette occasion ? En tout cas pour la date c'est simple : 10 avril 1965. L'architecte est nommé. On sait également que la photographie fut prise pour "l'Est Eclair" à Troyes, le journal local j'imagine, qui céda ses droits à l'éditeur. Il s'agit du point de vue d'un journaliste (?) et non de celui d'un photographe pour éditeur de cartes postales. Il doit exister des cartes postales de cette Maison des Jeunes et de la Culture éditées par Combier, Lyna ou la Cigogne... Cherchez bien.
Si vous avez des documents ou si vous avez des souvenirs à nous raconter sur ce bâtiment merci de nous laisser un commentaire.


Je poursuis en manière de blague, avec deux cartes postales de la ligne Maginot, que Monsieur Virilio a dû arpenter pour écrire "Bunker Archéologie" dont je conseille à tous la lecture. Pour ma part je n'y ai accès que grâce à la magnifique bibliothèque de l'École des Beaux-Arts de Rouen qui en possède un exemplaire, que je consulte de temps en temps. Même si Monsieur Virilio s'attacha plus sûrement au mur de l'Atlantique il m'est amusant de les rapprocher ici.
On remarquera un vocabulaire formel commun à Sainte Bernadette du Banlay de Nevers, masses arrondies percées d'ouvertures rares et enclavées. Pour le bunker, faire glisser les tirs et ne pas offrir d'accès, pour Nevers jouer la grotte de Lourdes et l'isolement interne de l'exercice de la Foi. Pour les deux constructions, il semble qu'il soit possible de les contourner lors d'une offensive éclair même si pour cette question stratégique, il semble que Sainte Bernadette s'en sorte bien mieux...
Il faut croire que l'image du bunker est bien plus efficace que le bunker lui-même. Il est aujourd'hui plus difficile de pénétrer (excusez-moi) Sainte Bernadette que les bunkers du Mur de l'atlantique, tous ouverts au grand vent maritime. Leur poids est leur ennemi : ils s'enfoncent tout seuls. Sainte Bernadette, elle, reste érigée, puissante et protégée. C'est l'histoire.
Ne pas oublier d'aller voir les articles du 8 et 10 aôut 2008 et également celui du 17 juillet 2007.
Les cartes postales de la lignes Maginot sont éditées par Europ.

الأربعاء، 8 أكتوبر 2008

la solution d'Alphonse Allais

Pour poursuivre sur la possibilité d'échapper au droit d'auteur en éditant des cartes postales, je propose la solution d'Alphonse Allais publiée il y a environ un siècle dans le magnifique et rare album primo-avrilesque. Cet album qui fut réédité récemment (je n'arrive pas à remettre la main dessus) nous proposait une série de monochromes dont seul le titre pouvait nous éclairer. Ainsi le fameux monochrome blanc intitulé : Première communion de jeunes filles chlorotiques par un temps de neige.
Il semble que cette solution fut adoptée par nos chers éditeurs de cartes postales dans une version parfois ensoleillée, parfois brumeuse, parfois nocturne...

Ainsi pour ne rien devoir aux ayant-droit de Monsieur Balladur je vous propose "sous le soleil de la Grande Motte..!" éditée par La Palette qui nous signale : nous avons choisi la France et la Méditerranée pour passer nos vacances. (sic)
Il faut croire que les pyramides n'arrivent pas à projeter une ombre suffisante pour permettre de les photographier !

On peut aussi laisser tomber le brouillard gris comme sur cette étonnante carte La Cigogne qui nous propose la brume matinale sur la plaine d'Alsace ! Carte garantie sans colorants ! Au dos de la carte nous lisons, je n'invente rien je vous l'assure : Nous garantissons que pour la réalisation de cette carte postale d'Alsace les colorants nocifs ci-après n'ont pas été utilisés : E 103, E 11, E 121, E 123, E125, E126, E130, E152, E 181.

Il faut croire que l'Alsace soit une terre particulièrement difficile à éclairer, donc difficile d'y appréhender son architecture car voici encore une carte de cette charmante province nous montrant la plaine d'Alsace... la nuit ! Toujours éditée par Combier et envoyée par votre serviteur enfant à ses parents...

Puis nous voici en Normandie et à Rouen avec une image tout aussi troublante... cette carte est un peu particulière car elle fut éditée à l'occasion de l'exposition des artistes Bertran Berrenger en 2007 au Musée des Beaux-Arts de Rouen. Je sais que Jean-Paul Berrenger est collectionneur de ce genre de cartes, je sais que Jean-Paul est un artiste qui connaît très bien Alphonse Allais et successeurs (Marcel Duchamp). Il s'agit donc d'une carte à double détente.
Pour connaître un peu mieux l'artiste, voyez le site de la galerie Du Bellay ci-contre.

Une solution moins nocturne mais presque, c'est de photographier les villes de loin à la nuit tombante ainsi les architectures se fondent en une ligne de lumières diffuses qui je le crains ne permettent pas de lire l'architecture mais permettent d'être libre quant au droit d'auteur !
Par contre le blason de la ville, de la région reste un must pour ne pas confondre j'imagine la nuit d'Alsace du soir d'Anvers !
Ne pas oublier la carte postale toute blanche envoyée d'Afrique du Sud par mon ami Alan Aubry, elle est l'écran parfait d'une projection personnelle. Voir le message du 8 août 2008.

le flou du droit d'auteur



Alors que la générosité en architecture est en débat à Venise, il est heureux de se rappeler que les architectes contemporains ne le sont (généreux) souvent pas quant à leurs droits d'auteurs.
On connaît les problèmes qu'ont pu avoir certains bloggeurs et sites internet après la diffusion d'images de bâtiments sur le net, certains devant même retirer leurs images.
En 2002, l'artiste Raphaël Boccanfuso proposait une solution définitive à cette difficulté de diffusion due à une application par trop véhémente du droit d'auteur ce qui pourrait être une des explications de la disparition des architectures modernes et contemporaines en cartes postales.
En floutant les bâtiments assujettis à cette puissance, il propose une image qui étrangement au lieu de créer la disparition de la construction nous invite à une curiosité encore plus grande. Evidemment la silhouette de la Tour Eiffel reste aisément identifiable mais il existe des exemples plus difficiles comme le centre Pompidou. Cette position me semble réellement révélatrice de notre époque.
Ces cartes postales qui étaient aussi doublées je crois d'un affichage public dont je ne retrouve pas trace dans mes archives, furent éditées par San de Sénart et le Centre Photographique d'Ile-de-France, Pontault Combault. Il existait quatre modèles. Si ça traîne dans vos tiroirs ...
Je crois aussi qu'il existe une architecture floue d'avance, dé-matérialisée qui ne nécessite pas ce genre d'intervention. Une architecture invisible parce que camouflée, intégrée pour être polie.

الاثنين، 6 أكتوبر 2008

le beau et le laid



Deux cartes postales qui s'opposent tant sur le plan de l'objet architectural visé que de la qualité éditoriale. Seul point commun, le chantier.
Je commence avec le beau :
voici une carte postale éditée par Lyna-Paris-Abeille-Cartes dans une série exceptionnelle éditée à l'occasion du vingtième anniversaire de la démolition des Halles de Paris. (C'est une précision de l'éditeur). N°30 "La fin des Halles". Au cœur de Paris, un monde nouveau se construit, en prise déjà avec le XXI ème siècle. Ici, en novembre 1974, à deux pas du chantier des Halles, s'élève, sur le plateau Beaubourg, la première arche du centre Pompidou... Photographie d'Alain Gesgon.
Recherche historique réalisée par Alain Gesgon et le CIRIP/Musée de l'Affiche Politique. (sic)
Magnifique carte postale, magnifique moment de construction, magnifique impression. La qualité absolue pour le cartophile. Je ne sais pas si le photographe, Monsieur Gesgon a réalisé d'autres clichés (cartes ?) mais je suis preneur...
L'autre carte postale est une édition Gilbert Fromanger. Tirée uniquement à 500 exemplaires on a envie de s'en réjouir... Elle nous montre le Canton de Duclair dans la série "actualités", la construction de la salle polyvalente d'Anneville Ambourville en novembre 1989. La qualité d'impression est du type photocopie, tirage numérique fait à la maison. Découpée au cutter et bordée de blanc pour faire plus chic. Evidemment il s'agit d'un travail modeste, d'un passionné de sa région et de cartes postales qui s'amuse et à cela il n'y a rien à dire. Mais tout de même..
J'imagine que le noir et blanc est économique et permet également de jouer sur la nostalgie des cartes anciennes. Dommage que la qualité éditoriale ne suive pas car le cliché est intéressant ainsi que l'objet. Cela aurait pu au moins faire une belle boring postcard mais il s'agit surtout d'une dumpy postcard.

architectes multiples 2




Me voici à nouveau à Elancourt.
Je cherche dans mes revues le numéro spécial "villes nouvelles" de Techniques et Architecture N°301 et je trouve quelques informations complémentaires.
D'abord admirons le centre administratif "Les 7 mares" qui semble être un immense meuble à tiroirs dont chacun aurait une fonction. Les porte-à-faux sur des pilotis bien frêles rendent l'ensemble à la fois dynamique et solide. Il semble mais je n'en suis pas totalement certain que l'architecte soit bien encore Monsieur Deslandes.

La carte postale nous montre, un peu de loin c'est vrai, la maison pour tous. L' architecte est Monsieur Venencie, Monsieur Demangeat est le scénographe et Monsieur Rossigneux le sculpteur. Cette maison pour Tous a un emploi très polyvalent puisque, comme nous l'indique la revue:
Elle comporte notamment une salle à usage polyvalent (conférences, spectacles divers dont théâtre et cinéma), des ateliers, salles de réunion et expositions, un restaurant, une école de musique avec auditorium, une école de danse, un foyer pour personne âgées, une garderie. Un hall d'accueil et d'information, un foyer-bar-cafétéria et l'administration complètent cet ensemble réparti sur trois niveaux.
C'est vraiment pour tous...
On admirera également le Parc des Coudrays et ses sculptures-jeux d'enfants si typiques de cette époque. Ce Parc a-t-il gardé sa splendeur ? On retrouve des éléments de jeux similaires à ceux publiés le 8 avril 2008. Ces cartes postales d'Elancourt et de Saint Quentin en Yvelines donnent follement envie de s'y rendre. Surtout qu'il y a également une superbe école maternelle dessinée par Monsieur Deslandes et une autre, l'école du Parc pour laquelle Jean Prouvé a participé avec Monsieur Merlin. Celle de Monsieur Deslandes est furieusement "Atelier de Montrouge" !

La carte postale est une Lyna en couleurs naturelles dont les photographies sont de Monsieur Pinet. Expédiée en 1982 on ne sait pas qui a dessiné la grenouille !

الأحد، 5 أكتوبر 2008

D'autres blocs pour l'Afrique




Continuons à feuilleter le livre.
Je vous avais promis du lourd...
Regardez ce magnifique projet d'André Bloc et Claude Parent d'un théâtre pour Dakar au Sénégal. Une pierre énorme, creuse, contient le théâtre. La radicalité que peut produire la poésie parfois...
Et puis encore une forme minérale, pleine, en courbe pour une église d'Alger par Andrault et Parat. La maquette nous laisse à penser une transparence totale laissant apparaître la membrane de la construction.
Malheureusement aucun de ces projets ne fut réalisé. Donc peu de chances de tomber sur des cartes postales...
Le livre : Architecture Nouvelle en Afrique par Monsieur Kultermann aux éditions Prismes.

comparaison n'est pas raison



Hier vous avez découvert l'architecture nouvelle en Afrique aux éditions Prisme.
Je continue à vous ouvrir le livre.
Voici un exemple de ce que la mémoire rapproche mais que la fonction éloigne. Un rapprochement formel infra-mince. Dans le livre, je tombe sur une maison en béton construite en éléments préfabriqués à Kampala en Ouganda par Ernst May. Ma mémoire colle immédiatement dessus une sculpture de l'artiste Absalon, Cell N°1 de 1992. J'aimais beaucoup le travail de cet artiste trop tôt disparu. Il avait condensé dans ces micro-bâtiments beaucoup de mes intérêts pour l'architecture, la sculpture et un certain dédain (violent, ironique et inutile) pour le monde. Il s'agit pour Absalon d'un minimum pour une fonction : au minimum vivre. J'aurais envie de dire que pour Ernst may c'est vivre au minimum. L'un s'inflige la dureté d'une réalité complexe faite de sa biographie et de son travail d'artiste, l'autre libéré d'un camp d'internement pendant la guerre reçoit comme mission de sauver des familles africaines des bidonvilles. C'est étrange non ?
Tous deux proposent des formes assez ressemblantes. J'avoue mon trouble. Que tirer d'un tel rapprochement ?
Je crois peu de choses. C'est sûrement plus significatif de mon univers que du leur. Un goût pour les formes pleine mais entr'ouvertes, pour la tension de surface, pour une mécanisation du lieu de vie, pour une forme d'isolement volontaire ou nécessaire due à un enthousiasme récalcitrant pour ce qui m'entoure. Être dedans-dehors, parmi-ailleurs. Une visibilité de l'isolement.
Mais arrêtons là le jeu psychologique qui ne conduira à rien. Restent deux constructions toutes deux très fortes et très belles. Il faudra revoir le travail d'Absalon, le revoir boxer le vide, vivre le vide et mourir. Il faudra espérer que l'expérience moins luxueuse de Ernst May aura sauvé quelques vies. C'est tout.
La carte postale d'Absalon est une édition Tate Gallery. Elle nous indique que la cellule est faite de bois, carton et de néon. C'est donc une image de solidité mais c'est une coquille fragile comme Sainte Bernadette du Banlay.

architectes multiples




Sur une carte postale de Saint Quentin en Yvelines au blason d'Elancourt (la différence ?) je repère assez facilement un immeuble de Marcel Lods semblable à ceux de Rouen à la Grand-Mare et qui sont aujourd'hui sujet d'une grande attention. Il s'agit bien ici d'une architecture éditée, multipliée grâce aussi sans doute au rêve d'une architecture industrialisée. J'ai visité ceux de Rouen, les appartements sont superbes. Juste dessous la vue des Lods, un immeuble m'intéressa également. Etagé en gradins, aux escaliers centraux, j'y trouvai une ressemblance avec beaucoup d'autres types d'architectures collectives comme, par exemple les Jardins-Gradins de Messieurs Andrault et Parat. Après une recherche rapide j'appris qu'ils avaient été dessinés par Philippe Deslandes. On trouve cette information et plein d'autres sur le site de la ville de Saint Quentin qui semble fière de son patrimoine architectural (c'est elle qui le nomme ainsi). Je crois qu'elle a raison.

Philippe Deslandes est aussi l'architecte de la gare de Cergy-St Christophe. Au dos de la carte postale on peut lire ces informations : horloge la plus grande d'Europe, architecte Deslandes, réalisation Huchez et Laubeuf, mécanisme de 400 kg pour le mouvement des aiguilles, calculé pour des vents de 160km/h, trotteuse, longueur totale 6m, poids 130 kg rouge (!). Petite aiguille, longueur totale 3,80m, poids total 75kg, noire. Grande aiguille, longueur totale 5,76m, poids 145kg noire. L'extrémité de la trotteuse se déplace à 0,52m/s. Elle parcourt ainsi 45km par jour.
ouf...
La photo est de P.Viard pour les éditions Lyna. Toujours aussi bon éditeur.
La carte multiple de Saint Quentin en Yvelines est une édition Estel.

السبت، 4 أكتوبر 2008

Casablanca, le Maroc et Monsieur Zevaco


Quelle matinée !
D'abord je lis les nombreux commentaires de Benoît et de Joachim qui comme toujours sont pertinents et informatifs : merci messieurs. (J'ai vu The taste of the tea, Joachim, la maison est magnifique).
Je me décide donc à répondre par cartes postales interposées à Benoît en vous offrant une vue du passage souterrain de la place Mohammed V située sous les beaux immeubles blancs de Casablanca. J'ai retrouvé cette image dans ma collection grâce à une carte trouvée par Benoît sur un site internet nous montrant l'extérieur. J'ai toujours trouvé cette image très brésilienne. C'est une carte postale Ittah Color éditée à Casablanca.
Puis comme un bonheur n'arrive jamais seul, je reçois ce matin un ouvrage commandé il y a longtemps : Architecture Nouvelle en Afrique de Monsieur Udo Kultermann aux éditions Prismes en 1963. C'est le choc. La couverture était alléchante et bien c'est peu dire.
Vite l'Afrique, vite vite !

D'abord je vois défiler beaucoup de bâtiments construits par Monsieur Zevaco (couverture Maison d'éducation à Tit Mellil) que je découvre. Beaucoup construits à Casablanca même ou au Maroc et qui semble être un architecte passionnant, alliant héritage moderniste de Le Corbusier, lyrisme de Niemeyer et un nécessaire regard sur les situations climatiques et sociales du Maroc. Les formes sont superbes, (et superbement photographiées).
L'ensemble de l'œuvre de cet architecte semble pour moi à découvrir mais sûrement que mon innocence à son sujet amusera les spécialistes. Je vous donne quelques images et vous invite à lire ça :
http://www.frac-centre.fr/public/collecti/artistes/zevaco/noti01fr.htm

Ce qui étrange c'est que, en même temps que j'écris cette page je me dis : Et si la place Mohammed V et sa coupole avaient été construites par Monsieur Zevaco ?
Oui... La boucle est bouclée.
Le livre regorge de merveilles construites ou non. Vous allez voir ça bientôt, attention les yeux !!

Jean-François Zevaco et Emile-Jean Duhon : Pavillon de la ville de Casablanca à la foire internationale de Casablanca.


Jean-François Zevaco : école à Casablanca

Jean-François Zevaco : école à Agadir

Jean-François Zevaco : école à Casablanca

Page de gauche Jean-François Zevaco : école à Casablanca, page de droite James Cubitt : école à Sekondi, Ghana

Jean-François Zevaco : hôpital à Ben Slimane

الأربعاء، 1 أكتوبر 2008

L'aile ou la cuisse





Attention on touche au sublime.
Voici l'exemple même de la carte postale qui réunit un ensemble incroyable d'intérêts.
Avec ce Pont-Restaurant Jacques Borel sur l'Autoroute A6 à Saint Albain c'est une réunion possible de Martin Parr, Tom Phillips, du dernier voyage en Italie, d'une certaine forme joyeuse de brutalisme et d'une cinéphilie enfantine.
Pour ce qui est de Martin Parr je crois que c'est simple, photographier un tel objet, l'éditer, et trouver quelqu'un pour avoir envie de l'envoyer c'est bien la définition d'une boring postcard. L'antiforme du pittoresque.
Mais la peinture a bien changé et Tom Phillips redéfinirait la carte en question comme gripping and not boring. La preuve : ma jubilation à sa découverte et finalement la vraie signification d'une époque.
Pour l'Italie, il suffit de se reporter à l'article consacré à Pavesi et aux Autogrill publié le lundi 7 juillet 2008. On pourra comprendre comment un modèle d'architecture et un modèle de service se répand dans l'Europe.
Pour ce qui est du brutalisme, il suffit de lire les formes aveuglées de l'extérieur, solides comme si la peur d'un effondrement sur la chaussée obligeait à un sur-dimensionnement optique des formes. Mais aussi comment on peut avec un graphisme fort (flèches, lignes, couleurs typographie) donner à cette solidité une enveloppe joyeuse, festive et surtout ludique. On dirait Fun ou Pop aujourd'hui, merci le orange-marron.
Pour ce qui est de la cinéphilie enfantine c'est semble-t-il Monsieur Borel qui servit de modèle à l'affreux Monsieur Tricatel qui tente d'imposer la mauvaise nourriture dans le film L'aile ou la cuisse avec le couple De Funès et Coluche. Dans ce film, l'un est le fils de l'autre (improbable), l'un est un bon acteur, l'un est un grand guide gastronomique et l'autre un clown ne voulant pas reprendre le flambeau du père (ni de la comédie d'ailleurs). Reste Julien Guiomard, l'affreux Tricatel qui lui est un grand acteur un peu perdu ici.
Les deux cartes postales sont éditées chez La Cigogne en exclusivité Hachette. Elles sont datées toutes les deux du 12 septembre 1975 et comportent au verso :
tous les 2 le midi malade ! Reins ventre vessie ?? Tous les 2 retour Grande Motte malade ??
Cela ne s'invente pas ! Serait-ce la nourriture de Monsieur Borel ou de Monsieur Tricatel ?